Terre errante de Liu Cixin paraît chez Actes Sud “Exofictions”.

Dans un futur très lointain, pris d’héliophobie, les terriens, grâce à une technique très en avance sur notre époque, ont entrepris d’arrêter la rotation de la terre. Première étape de leur départ vers un ailleurs incertain. En effet, le soleil arrivé au bout de la combustion de son hydrogène, doit exploser et ainsi gonfler jusqu’à l’orbite terrestre. La fin des temps est proche. Sur les pas de son héros, qu’il ne nomme jamais, Liu Cixin nous fait assister à la migration de la planète terre sur 10000 ans en direction de Proxima du Centaure, notre plus proche étoile, afin de s’y satelliser. Et ainsi sauver l’humanité. Bien sûr, tout est transformé sur la planète. Plus aucun humain n’habite en surface. Tous les survivants se sont réfugiés dans des souterrains très profonds et ne forment plus qu’un seul peuple. Des vagues d’une centaine de mètres ravagent continuellement sa surface. La glaciation, évidemment recouvre tous les territoires. La fuite dans l’univers les plonge dans un environnement à -273°C. Grâce à des rayons lasers ultra puissants, ils parviennent à s’extraire de l’orbite solaire en direction de l’étoile salvatrice. Tout à leur survie, les humains n’ont plus de sentiment et ne s’accouplent que pour procréer et donc perdurer à l’instar du personnage principal.

À partir de quelques données scientifiques réelles, comme la propulsion laser ou le flash de l’hélium, Liu Cixin nous transporte dans un futur apocalyptique, mais non dénué de réalisme. En effet, grâce à une imagination débordante d’inventivité, il nous fait lutter et souffrir aux côtés des futures générations de terriens. Les péripéties des personnages se succèdent à un rythme effréné et palpitant dans cette « novella » d’une densité à l’égal de ses précédents romans. On comprend aisément qu’un film chinois de science-fiction en a déjà été tiré en 2019. Notons aussi que ce texte anticipe la sortie en France des nouvelles complètes de Liu Cixin à paraître en deux volumes en 2021.

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

Terre errante, Liu Cixin, traduit du chinois par Gwennaël Gaffric, format 10X19cm, 96 pages, 9€, éd. Actes Sud, coll. « Exofictions », paru le 15 janvier 2020 en librairie.