Hagakure, le Livre secret des Samouraïs de Jocho Yamamoto

Rappelez-vous Ghost Dog. Un homme, qu’on sait être un tueur, au dernier étage d’un immeuble élève des pigeons. Entre deux contrats, il lit “Hagakuré”, Le Livre Secret des Samouraïs. Comme l’écrivain Mishima, il y puise l’essence de ses actes. Comme lui, il ira jusqu’au bout, jusqu’à une mort annoncée.
Une version expurgée – il existe 11 volumes – de ce code de l’honneur du guerrier – qui est aussi un code de vie – est arrivée par delà les siècles jusqu’à nous, grâce au travail obstiné d’un éditeur. Inutile de s’en priver.
“(…) Le monde est, en train d’aborder une période de dégénérescence ; les hommes perdent leur virilité et ressemblent de plus en plus aux femmes.”
Fin de l’époque du shogunat, qui annonce celle des samouraïs et des geishas. L’ordre féodal va éclater et avec lui, celui d’un ordre établi, remplacé il est vrai par celui de l’Empereur. Une milice qui suit à la lettre l’Hagakuré, la voie du samouraï, résiste avec ses valeurs (respect des règles et de la tradition, abnégation jusqu’au sacrifice, …) dans un monde en pleine déliquescence. Apparaît un jeune éphèbe androgyne qui va semer le désarroi et faire imploser cette ultime défense.

“Tabou” de Nagisa Oshima raconte ce passage, avec le style qu’on lui connaît, violent, beau et provocant. Les héritiers de Oshima n’ont qu’à bien se tenir, le maître n’est pas mort.
Retrouvez les dialogues de “Tabou” dans le livre édité par les Cahiers du Cinéma en traduction bilingue Français-Japonais. Tout aussi indispensable que le film.
TABOU / Nagisa Oshima, Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 2000, 160 p, 69 F.

Éditeur : Guy Trédaniel Editeur

Pays : Japon

Jean-Pierre Gimenez