TRACE volume 1 de Kei KOGA

La jeune Nonna Sawaguchi espérait beaucoup de son travail à la Police Scientifique. Inspecter les scènes de crimes, trouver la vérité parmi les indices, confronter les coupables : tel était son rêve ! Malheureusement elle a bien vite déchanté en se retrouvant cantonnée, comme tous ses autres collègues d’ailleurs, à un simple travail de laboratoire où elle examine à longueur de temps des prélèvements sans importance. Un brin découragée, sa vision va changer lorsqu’elle se retrouve sous la supervision de Reiji Mano, un expert confirmé muté avant l’arrivée de la jeune femme et de retour après 2 ans à l’Agence Nationale de Police. Au contact de cet homme difficile d’approche, un peu froid et légèrement excentrique, elle va commencer à aborder son travail sous un nouvel angle. Cependant son ainé cache lui un lourd secret…

Bienvenu au Laboratoire de la Police Scientifique de Tokyo ! Ancien expert médico-légal, Kei Koga connait donc bien son affaire, ce qui donne aux pages sur le travail de labo un réalisme sans précédent. Peu de manga traite de cet aspect d’une enquête policière ou l’aborde vraiment ; nous avons donc ici une plongée de 1er choix dans l’univers de l’analyse des indices. Toutes les procédures évoquées ne sont pas détaillées de A à Z (cela serait parfois trop long) mais leur déroulement est bien expliqué. Et comme le dit notre héroïne, c’est parfois un travail répétitif, monotone, sans intérêt, car devant être très minutieux. Cependant avec une bonne histoire, il est possible de rendre un ensemble de travaux de laboratoire intéressant mais pour le moment ici c’est un peu léger. Ce 1er tome nous présente les experts médico-légaux Sawaguchi et Mano, ainsi que l’inspecteur Toramaru et leur interaction au gré de leurs enquêtes communes. Il introduit également le caractère assez spécial de Mano, entre sa relation avec les autres et le mystère du jouet qu’il porte toujours sur lui, mais il y a aussi son obsession de la vérité. Pas celle que cherchent les policiers en interrogeant témoins et suspects mais celle que délivrent les indices. Voilà pourquoi chacune de ses missions est faite avec une précision extrême, frisant l’acharnement et pourtant payante. Cela nous permet de découvrir un point peu connu de la relation entre les policiers et les experts médico-légaux : ces derniers ne peuvent effectuer que les tests demandés par les premiers ; toute autre analyse, même si elle semble légitime, devra faire l’objet d’une nouvelle demande. Après quelques petits indices, Mano nous dévoile ses intentions : découvrir la vérité sur l’assassinat de toute sa famille, dans lequel l’inspecteur Toramaru, alors simple policier, est impliqué. Nous savons alors que cette « enquête » va être l’élément central de ce manga dans les prochains tomes mais nous n’avons encore pas assez d’empathie pour les personnages pour vraiment les apprécier. L’ensemble est un peu froid et même les sorties entre collègues sonnent un peu fausses (bien que nous puissions comprendre qu’entre leurs obligations de service et leur métier, difficile de vraiment se livrer). Le style graphique est précis et réaliste, le rythme lent, ce qui est normal vu le sujet. L’ensemble a des atouts, notamment par sa vraie plongée dans les labos de la Police Scientifique. Il reste cependant à étoffer les personnages et l’intrigue principale. Nous verrons bien ce que nous offrirons les prochains tomes.

TRACE (KASOUKEN HOUI KENKYUIN NO TSUITSOU) volume 1 de Kei KOGA (2016)

Policier/comédie/drame, Japon, Komikku éditions, août 2018, 192 pages, livre broché 8.50 euros