SOMALI ET L’ESPRIT DE LA FORET volume 4 de Yako GUREISHI

Hytra raconte au golem sa rencontre tragique avec Ouzoï. Fuyant des monstres, il était obligé de se cacher avec sa femme et sa fille. N’ayant rien à manger, il a fini par tuer la mère d’Ouzoï rencontrée par hasard pour nourrir sa famille. Mais celle-ci est morte à cause de la viande tandis que lui a été à moitié transformé. Depuis il a décidé de protéger cet enfant qu’il a rendu orphelin. Cependant Ouzoï a attendu la conversation et cherche maintenant à le tuer. Somali essaye de savoir ce qu’il ne va pas mais elle ne veut pas se confier ; elle dit juste qu’elle a été trahi et la gentillesse n’est qu’une illusion. Lors d’une tempête, Ouzoï est emportée. Hytra veut l’attraper mais la petite fille le repousse. Il comprend qu’elle connait la vérité et ne sait plus comment se comporter avec elle. Le golem lui dit alors qu’il faut la retrouver pour qu’il puisse faire face à son jugement…

Malgré l’apparente simplicité de l’ensemble, les thèmes mis en scène dans ce manga sont multiples et abordés avec justesse. La famille, les responsabilités, la culpabilité : cela reste universel mais vu que nos héros sont totalement novices dans leur propre rôle de « père et fille », la moindre action prend une toute autre importance. Faire la cuisine ensemble, Somali qui perd une dent de lait ou a de la fièvre, ces petits moments intimes sont sublimées par leur apparente maladresse. Après l’épisode Hytra/Ouzoï, Somali et le Golem vont retrouver Shizuno et Yabashira qu’ils avaient déjà rencontrés. Une nouvelle dynamique s’installe avec ce groupe qui partage des secrets et traverse des zones plus ou moins dangereuses. C’est aussi l’occasion pour le Golem de continuer à se poser des questions sur lui-même, son attachement à la petite fille, son but ; sa « condition physique » lui impose en effet de réfléchir à son propre avenir. Ce voyage onirique dans cette univers fantastique continue à nous émerveiller, tant par les décors visités et les personnages rencontrés que par ses scènes du quotidien pleine de tendresse. Porté par un rythme assez lent, des dessins mignons et des histoires à première vue simples, Somali et l’Esprit de la forêt reste fidèle aux sentiments qu’il nous transmet depuis le début. Tolérance (avec cette fois, de très nettes différences de tailles avec les minuscules dentistes), entraide, esprit de famille sont toujours autant présents, même si des situations plus dramatiques entrent en jeu. Cette aventure pleine de découvertes, tant pour nous que pour nos héros, n’a décidément pas fini de titiller nos sentiments.

Fabrice Docher

SOMALI ET L’ESPRIT DE LA FORET (SOMALI TO MORI NO KAMISAMA) volume 4 de Yako GUREISHI (2015)

Fantasy / voyage / tranches de vie, Japon, Komikku éditions, août 2018, 168 pages, livre broché 7.90 euros