MINUSCULE volume 6 de Takuto KASHIKI

Après 3 jours de grosses pluies, Hakumei et Mikochi se retrouvent à court de provisions. Profitant du retour du soleil, et à cause des inondations, elles partent sur un radeau qu’elles ont fabriqué, pour trouver de la nourriture. En chemin elles vont faire beaucoup de rencontre. Plus tard la coiffeuse Jada se retrouve confrontée à un ancien camarade de classe qu’elle veut éviter et contera sur nos deux amies pour le faire partir. Elles grimperont les étages insolites du marché en petits cubes d’Arabi pour trouver une attraction cachée. Elles participeront à un concours de vêtement, où Mikochi se verra confronter à son idole, Night Snail. Entrainant Sardine puis le directeur de de la confrérie, elles construiront une cuisine extérieure bien plus grande que ce qu’elles pensaient au début. De son côté, Konju tentera d’engager la conversation avec Sen alors qu’elles se rencontrent un soir dans un bar, tandis que le bibliothécaire se lamente au sujet de ses clients et que le pâtissier Keito se fâche avec sa grande sœur.

Comme d’habitude pas de grandes histoires ou de rencontres insolites dans ce nouveau volume de Minuscule. Il y a bien « l’ami » de Jada et les étages supérieures d’Arabi qui sont une nouveauté, sinon nous restons dans ce que nous connaissons déjà. Après, tout n’est pas habituelle avec notamment l’inondation à gérer et le concours de vêtements. Si les différents chapitres nous font rester dans une zone de « confort », ils en profitent pour nous faire découvrir le passé ou la face cachée de certains personnages. Hakumei qui ne sait pas nager, Jada à l’école, le professionnalisme de Sardine, les goûts en matière d’alcool de Konju et Sen, etc. De nombreux petits détails agrémentent chaque petite histoire, la rendant plus vivante, plus « vraie ». Tous les personnages secondaires ainsi ont leurs habitudes, leur caractère, leur façon de vivre qui ne dénotent pas au milieu de tous les autres habitants. Là est la vraie force de ce manga. Il n’aborde pas de grands évènements, de grandes aventures (même si à cause de la taille de la plupart des protagonistes, chaque sortie dans la nature peut se transformer en expédition périlleuse). La plupart du temps, il met en scène des actions du quotidien, en mettant en avant les personnages : les repas, le travail, les sorties boutiques ou restaurants, une soirée dans un bar, faire les courses au marché, etc. Et dans l’absolu, pourquoi faire du spectaculaire ? Ce que nous voyons suffit à nous dépayser, voir nous émerveiller. Avec son graphisme mignon mais assez précis, cet univers est très plaisant, à la fois calme et vivant. Il est à la fois proche de notre monde, bien que beaucoup moins évolué, et mais à une toute autre échelle à cause de ses personnages ; nous nous sentons pourtant très bien en le découvrant, car il nous fait redécouvrir la nature et le goût pour les choses simples. La qualité de cette œuvre ne faiblit pas, bien au contraire et c’est un plaisir de retrouver nos deux héroïnes et tous leurs amis. Il devient malheureusement de plus en plus difficile d’attendre la suite, ce qui est aussi un gage de qualité.

Fabrice Docher

MINUSCULE (HAKUMEI TO MIKOCHI) volume 6 de Takuto KASHIKI (2018)

Aventures / fantastique / comédie / tranches de vie, Japon, Komikku éditions, novembre 2018, 204 pages, livre broché 8.50 euros