The film music of Akira Kurosawa

Commençons par une brève présentation pour ceux qui ne connaissent pas le grand Akira ! : né à Tokyo en 1910. 80 kg, pointure 45. Plats favoris : steak, pousses de bambou. Groupe sanguin B. passions : le cinéma, l’arithmétique. Profession : réalisateur, producteur, scénariste, monteur d’une trentaine de films dont une bonne demi-douzaine de chef d’oeuvres.
Le maître du cinéma japonais a disparu le dimanche 8 septembre 1998. Cette compilation produite par le fils du cinéaste rend hommage au génie de l’âge d’or par le biais de ses choix musicaux. La première plage revient en tout bien tout honneur à son film le plus célèbre : “Les Sept Samouraïs” par une suite de plus de 7 minutes reprenant les thèmes principaux et débutant par les tambours et les voix d’hommes, prémisse à l’aventure désabusée qui se déroulera à l’écran. “Les 7 Samouraïs” joue sur le registre de l’héroïsme trompeur, “Vivre” sur celui de l’émotion et du mélodrame. Cette dernière composition, conte l’histoire poignante d’un petit bureaucrate qui se sait atteint d’un cancer. La plus grande partie des BOF est due à Masaru Sato qui remplacera à la Toho Fumio Hayasaka, mort avant le tournage de “Chronique d’un être vivant” réalisé par le maître en 1955. “Le Château de l’Araignée” adapté de Macbeth est inquiétant : le style épique est à l’honneur dans les grands films d’aventures “La Forteresse Cachée”, “Yojimbo”, trompettes éclatantes, cuivres rutilants, tambours, … Sato est à cette époque en pleine possession de ses moyens et laisse libre cours à sa mégalomanie. Il sera beaucoup plus grave et solennel, voire élégiaque sur “Barberousse”, l’histoire de ce médecin des miséreux qui protègera un jeune stagiaire contre une malade dangereuse sous tous rapports. 1970 est l’année de Dode’s Kaden, un des films les plus désabusés de Kurosawa qui revient dans les bas fonds de Tokyo, la partition est due à Takemitsu qui brode une suite pour orchestre avec solo de guitare, flûte, trompette et harmonica. Le ton est plein de compassion sur un rythme tragi-comique à la manière de Morricone. La musique de Dersou Ousala est signée Isaac Swarts, orchestre symphonique et choeur d’hommes illustrant à merveille l’immensité de la taïga et l’amitié unissant Dersou et Arseniev. Symphonique encore avec le splendide thème de Kagemusha de Shinchiro Ikebe. Pour le score de Ran, il a été choisi le morceau d’anthologie de Takemitsu, accompagnant la fameuse attaque du château dans laquelle le roi perd la raison et ses dernières illusions. Pour cette scène Kurosawa a volontairement coupé le son de la bataille pour laisser planer le score tragique du compositeur. Pour terminer, une suite de Ikebe de 7’27” tirée de Rêves avec une ouverture onirique et une marche. Ce disque, pour la période couverte (1952-1990) et l’importance des compositeurs constitue une des plus belles compilations de musique japonaise disponible sur le marché. Are you ready ? Action !!!!

Éditeur : Import japonais, Funhouse Inc FHCF-2450

Pays : Japon

Pascal Surleau