Sous un magnolia en fleur et autres souvenirs du passé de Golo Zhao paraît chez Glénat.

Le Chinois Golo Zhao avait attiré notre attention dès 2015 avec son dessin des 9 tomes de La Balade de Yaya (1). Il y créait des univers colorés bien identifiés à un personnage, une époque ou un événement. Puis en 2022, avec Un dernier soir à Pékin, il assure le scénario et le dessin. Il nous plonge dans une tranche de vie amoureuse, assaisonnée de multiples saveurs.

Sous un magnolia en fleur est un recueil de 20 nouvelles graphiques. Ces histoires courtes sont autant de souvenirs du passé qu’il a dessinés durant plus d’une décennie en « faisant de son mieux ». C’est ce qu’il rapporte à la fin de l’album pour que le futur n’ait pas à rougir du passé.

Ces « souvenirs » sont parfois ténus, comme la saveur des « quing tuang de grand-mère » revenue à la vue de l’herbe sauvage « hemisteptia lyrata ». Ou bien la recherche d’un café glacé coûte que coûte durant une canicule estivale – que l’on comprend d’ailleurs tout à fait en ce moment. La 1ère partie de l’album est essentiellement composée de ces petits moments suspendus, pures sensations et émotions. Comme pour capter le mouvement perpétuel des choses.

Les nouvelles de la seconde partie sont plus narratives. Dans un décor de « gilou », ces bâtiments à arcades des régions côtières, le jeune Ming Jun retrouve la fille avec qui il a passé son enfance et qui a brutalement disparu. Dans « la petite forêt » Xiro-Qie et Xiao-Zhi élucident enfin l’histoire commune de leur enfance à l’ombre d’un banian immense. Ou comment un souvenir traumatique peut être dépassé. Mais le récit travaille toujours sur les sensations et l’intériorité des personnages comme dans « manque affectif ». Une jeune femme se rend seule dans le restaurant « tête de nouilles » et tente de répondre avec humour et sensibilité à cette douloureuse question.  » Comment surmonte-t-on un vide affectif ? ». Les histoires entrent même en résonance malicieuse les unes avec les autres, comme dans « Concerto pour violoncelle » où « le monstre de la pluie » apparu dans la nouvelle précédente pourrait bien réaliser le vœu de Jian. Beaucoup de naïveté et d’enfance encore dans ces histoires courtes.

Le dessin est classique. Il joue brillamment sur les couleurs souvent vives comme dans « Adopte un poisson » ou plutôt monochromes dans « Le nectar de rehmannia » par exemple. La mise en page est sobre et joue sur des pleines pages ou au contraire des scènes séquencées très cinématographiques.

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

(1) Lire nos chroniques : https://asiexpo.fr/la-balade-de-yaya-de-patrick-marty-createur-des-personnages-charlotte-girard-directrice-d-ecriture-jean-marie-omont-scenariste-golo-dessinateur/ ET https://asiexpo.fr/un-dernier-soir-a-pekin-de-golo-zhao-parait-chez-glenat/

Sous un magnolia en fleur, scénario et dessin de Golo Zhao, 368 p. 25 €, éd. Glénat. En librairie le 1er juillet.

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