Shivkumar Sharma

Shivkumar Sharma est né à Jammu au Cachemire. Très jeune il apprit le chant, puis les Tabla, le luth Sarod, le Violon et l’Harmonium. A quatorze ans, son père a commencé de lui transmettre ses propres recherches au Santour. Dans la musique traditionnelle du Cachemire, l’usage du Santour était restreint par le passé à un répertoire toujours en vigueur, dénommé Sufiana Kalam (le chant des soufis).Il s’agit d’un répertoire mystique influencé par la culture persane. Le Santour n’avait qu’un rôle secondaire: il se contentait d’accompagner le chant.

Alors que le jeune Shivkumar Sharma était attiré par la musique savante de l’Inde, l’ancienne facture de l’instrument rendaitinapte son vœux. Il entreprit donc des transformations techniques. Il dota le Santour de cordes chromatiques absentes à l’origine et il porta son étendue à trois octaves. On lui doit d’avoir inventé des procédés subtils d’attaque de la corde. En dehors de la frappe de la baguette sur la corde, qui est le moyen de la faire vibrer et de produire le son, Shivkumar Sharma ajoute le frottement de la baguette sur la corde, il s’ensuit une sonorité plus intériorisée. Il utilise le pizzicato, qui consiste à attaquer les cordes en les pinçant avec les doigts. Enfin dernière innovation, il applique la paume de sa main gauche sur les cordes afin d’en amortir les résonances. En 1955 il fait ses début lors d’un concert à Bombay. Il élève le Santour au rang d’instrument de scène en adaptant les techniques hindoustanies. C’était le premier récital de Khyal (style classique hindoustanie). Le monde de la musique savante l’accueillit avec chaleur et ouvrit ses portes à ce nouvel instrument.

Shivkumar Sharma est un véritable révolutionnaire du Santour. Pour la première fois en France, Shivkumar Sharma joue en compagnie de son fils et élève Rahul Sharma. Le père et le fils se complètent avec un bonheur consommé. Rahul Sharma a d’ailleurs du répondant . Il fait preuve d’initiatives mélodiques et rythmiques à chaque fois qu’il doit répondre à son père dont il n’est pas le simple écho.


Les instruments et musiciens

Shivkumar Sharma: Santour.

D’origine iranienne, c’est une caisse de résonance en forme de parallélépipède sur lequel une centaine de cordes sont montées. On les attaque avec deux baguettes. On trouve la trace du Santour dans les écrits sumériens et araméens. S’il fait partie des orchestres classiques iraniens et irakiens, c’est depuis l’Inde que les tziganes l’ont introduit en Europe sous la forme de cymbalum.

Rahul Sharma: Santour

Saafat Ahmed Khan: Tabla.

Percussion composée de deux timbales. Le tabla en bois se frappe de la main droite, le baya métallique se frappe de la main gauche et donne la cadence.

Christian Ledoux: Tampura.
C’est un luth à 4 cordes jouées l’une après l’autre. Il sert à donner un accord de fond.

(Pascal Burianne)
Merci à Gérald Arnaud et Christian Poché

Pays : Inde

Pascal Burianne