La République du CATCH : Quand la BD française part à l’assaut du Japon

Une BD française à la japonaise nous conte l’histoire d’un petit bonhomme naïf aux lunettes rondes : Mario, propriétaire d’un magasin de pianos et ayant pour seul ami un manchot mélomane et artiste amateur de Debussy, Schubert auxquels notre anti héros ne connait rien ! Ce petit bigleux est amoureux d’une championne de catch qui s’entraine avec les champions à « la république du catch », mais qui n’a que faire de cet « avorton ». Il va, cependant, donner du fil à retordre à sa famille complètement maffieuse qui veut le déposséder de sa boutique agrandir son « marché du jeu » à grand renfort de machine à sous et autres tirelires.

 

Une fois n’est pas coutume : le bédéiste français Nicolas de Crécy s’est vu demandé par une grande maison japonaise de manga, Shueisha pour ne pas la nommer, de créer un feuilleton à paraitre chaque semaine dans la revue « Ultra Jump ». Le défi est flatteur, mais lourd à relever… Nicolas de Crécy finit par s’y coller et l’aventure dure un an. Puis l’album sort en juin 2015 en même temps à Paris et à Tokyo ; et le résultat est des plus réjouissants, car à la fois poétique, fantaisiste et absurde : sans frontières. On y croise des personnages très occidentaux comme Mario et sa sœur, mais aussi les grandes figures japonaises comme les fantômes, mais surtout des personnages invraisemblables comme le bébé maléfique ou le gangster à qui il ne reste que la tête et qui se meut sur un trépied. Mais on est séduit par la rondeur du trait, la vivacité du récit et surtout l’originalité des caractères. On est finalement dans la pure fantaisie qui touche parfois à la poésie.

 

Camille DOUZELET