L’Argent du Déshonneur de Hiroshi Hirata : le dévoiement d’un code de l’honneur

 

Les éditions Akata offrent souvent de bien beaux ouvrages à la lecture. C’est le cas avec L’argent du déshonneur du maître du gegika guerrier : Hiroshi Hirata. Il nous plonge dans la période féodale du Japon et plus précisément au moment où, pour les samouraï, la Voie du Bushido s’altère, se dévoie. En effet, le livre raconte sept nouvelles, magistralement dessinées à l’encre noire uniquement, où un samouraï monnaie sa vie contre une forte somme d’argent qu’il ne peut pas payer sur le champ de bataille. Il signe alors de son sang un accord négocié, une reconnaissance de dette. Et, en réalité, le véritable héros de chacune de ces histoires est le recouvreur de cette dette de vie, qui vient la réclamer parfois des années plus tard et qui, par sa démarche, rétablit, non sans mal, l’équité. Notons qu’il a le pouvoir de trancher la tête du débiteur en cas de non-paiement.

Les dessins à l’encre sont parfois réhaussés de lavis. Certaines vignettes tiennent une page et sont des œuvres à part entière. Les planches sont très dynamiques et permettent de nous faire appréhender la réalité, et non le mythe, des samouraï, humains trop humains. Elles nous montrent aussi ce moment, dans l’histoire du Japon, où s’opère un basculement : la valeur de l’argent tend à remplacer celle de l’honneur.

Camille DOUZELET