Rebellion de Masaki Kobayashi

Qui a dit qu’un samouraï devait se soumettre aux ordres de ses supérieurs quels que soient les ordres et quelles qu’en soient les motivations ? La loi. Mais c’est pourtant l’un des moins ambitieux de ces samouraïs, lui-même soumis à une femme tyrannique, qui va faire preuve d’un refus total de collaborer à des ordres qu’il trouve injustes et égoïstes, quitte à se mettre à dos tout son clan et à encourir la mort. Ce samouraï c’est, forcément, Toshiro Mifune dont on ne répétera pas une énième fois tout le talent, et qui met son charisme au service de Kobayashi dans cette critique acerbe de l’autorité et de ses intérêts purement égocentriques. Autorité que les gens n’hésitent aucunement à servir aveuglément en courbant l’échine dans l’espoir d’en grappiller des miettes clamant sans honte qu’ils font partie d’un monde “où les sentiments n’ont pas leurs places”.

C’est contre cette horrible réalité bien plus contemporaine qu’on ne pourrait le penser, que Kobayashi se révolte avec une inflexibilité immuable. Véritable tragédie voyant se dresser un héros frappé par la fatalité, le nombre relativement peu important de décors accentue la théâtralisation du film à laquelle Kobayashi ajoute une mise en scène dynamique, parfois trop, apportant une touche particulière au film.

Acteurs : Toshirô Mifune, Tatsuya Nakadai

Éditeur :

Pays : Japon

Guillaume Tauveron