Nobody knows de Hirokazu Kore-Eda

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Il émane une telle féminité de Nobody Knows qu’il m’a été longtemps difficile d’admettre qu’il est l’œuvre d’un homme. Sacrer Meilleur Acteur un adolescent à la première arme Yûya Yukira paraissait farfelu, vingt minutes complices suffisent pourtant à faire admettre à n’importe quel spectateur ou jury cannois que le talent n’est pas l’exclusivité des « grands ». Partant d’un fait malheureusement réel, quatre enfants laissés à l’abandon, par une mère en quête de l’amour, dans un mince appartement avec trop peu d’argent pour survivre ; à l’épreuve du temps. Ainsi donc au gré des quatre saisons, Hirokazu Kore-Eda a partagé et capté l’intimité de ces êtres en captivité, animé par l’espoir, un brin futile à nos yeux, d’un voyage qui ne serait pas sans retour. En toile de fond, celle qui contraint socialement à renier l’existence de certains : Tokyo. Mégalopole acquise à un individualisme doté d’une évidente cécité puisque malgré tout… nobody knows.

A noter que les plans magistralement volés du 35 mm ne le sont malheureusement pas dans le making off de 7 mn qui l’accompagne. Sur ce parcours initiatique forcé, au parfum « fleur de peau » doucement enivré par une certaine poésie musicale, l’on y croise un seul regret mêlé à nos larmes : un traitement trop radical de la mère injustifié puisque après tout, d’elle… Nobody Knows.

Éditeur : TF1 Video

Pays : Japon

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