Les Tisserands de la Vérité (Tome 1) de Hiro Inudaka et Sakura Satô


Les Tisserands de la Vérité, c’est l’histoire de deux êtres particuliers aux pouvoirs hors du commun. Deux destins qui se lient et pourraient bien changer à jamais la vie de milliers de personnes dans leur pays, voire même au-delà de ses frontières.

L’histoire d’une rencontre

Certains êtres naissent avec une constitution différente. Ils ont un organe en plus : l’arcacordis. Grâce à lui, ils sont capables de se connecter aux flux énergétiques de leur planète, le mana, et de faire de leurs pensées une réalité. Ils sont nés sorciers pouvant pratiquer la magie. Mais ce pouvoir fait peur, et plus encore la perte de son contrôle chez les adeptes inexpérimentés. Par le passé, il y eut de nombreuses victimes d’explosions de magies incontrôlées, si bien qu’aujourd’hui, sorcier rime avec danger. À Lavarta, ils sont regroupés sous le contrôle d’une guilde, et identifiés par une médaille censée rassurer leur entourage sur leur capacité à maîtriser leur pouvoir. Mais cela ne facilite en rien leur vie : plus aisé à identifier, ils sont instantanément rejetés ou maltraités. Il n’y a qu’un seul endroit dans tout Lavarta où ils soient en sécurité : la forteresse de fer. En ce lieu sont regroupés les plus puissants sorciers du pays, qui s’appliquent à la recherche dans ce domaine. 

Zechs, un jeune orphelin aux capacités exceptionnelles, y est détenu dans le but de lui apprendre à maîtriser son pouvoir. Mais il se refuse à toute étude. Et un sorcier qui n’est pas en mesure de contrôler son pouvoir n’a pas le droit de vivre à Lavarta. La forteresse de fer décide de se débarrasser de lui, mais l’un de ses membres ne peut s’y résoudre. Dariech décide de jouer une toute dernière carte : son ancien maître. Leon n’a jamais eu la chance de connaître cette illustre institution, son arcacordis étant trop faible. C’est un sorcier d’un calibre tellement mineur qu’il n’atteint même pas les qualifications requises pour intégrer la classe la plus basse de la guilde ; il a cependant pour lui un incroyable contrôle de sa magie, et des connaissances vastes qui lui ont permis de devenir professeur. Aux abords d’un village reculé, dont les villageois s’adonnent sans honte à un rejet systématique de la magie, il lui appartiendra de faire de son nouvel élève un sorcier digne de ce nom. Mais il va pour cela devoir découvrir pourquoi celui-ci se refuse à étudier, tout en maintenant l’instruction d’un autre disciple et ses responsabilités auprès de la guilde.

Un épisode d’introduction

Ce tome s’ouvre sur l’exposition du personnage de Leon. Les auteurs nous emmènent à sa rencontre, nous dévoilent la précarité de sa situation dans son village, et une partie de son passé. On apprend de quelle façon il est devenu professeur, quelle relation il a avec Dariech. Ainsi que ce qui lui permet d’être l’ultime espoir d’un enfant que les plus grands sorciers du pays ne sont pas parvenus à contrôler. On découvre Zechs, cet enfant sauvage et indomptable, qui provoque bien des problèmes pour son nouveau professeur. On nous dévoile la peur et la violence que ces êtres particuliers font naître chez celles et ceux qui se considèrent normaux et purs. Comme partout ailleurs, les forts s’en prennent aux plus faibles, les hommes craignent ce qu’ils ne connaissent, ne comprennent et ne maîtrisent pas. La magie est diabolisée, et les sorciers persécutés. 

Ce premier tome est une introduction toute en douceur de l’univers et des personnages principaux. Ses quatre chapitres se filent sur un rythme plutôt tranquille, avec quelques scènes clés où l’action s’accélère pour dévoiler toute la tension et la puissance de ce qui est sans doute destiné à exploser par la suite : les pouvoirs d’un sorcier exceptionnel et une société où la violence et les préjugés structurent la hiérarchie sociale. 

Myriam MARIZY

Les Tisserands de la Vérité (Truth Weavers) volume 1 de Hiro Inudaka et Sakura Satô (2020) Fantastique / drame / aventure, Japon, Komikku éditions, mars 2021, 178 pages, livre broché 7.99 euros