L’ENFANT ET LE MAUDIT volume 6 de NAGABE

  Obligés de quitter leur maison pour fuir les soldats devenus des maudits, Sheeva et le Professeur arrivent à leur destination. Après un peu de recherche, ils trouvent la maison des amis de la tante de la petite fille. A l’écart et à l’abri des regards, elle semble l’endroit parfait pour se cacher, après un brin de nettoyage. Ce calme retrouvé est propice aux confessions : le Professeur parle de ce qu’il croit être sa vie passée, avant sa transformation, et Sheeva revient sur sa tante, qui lui manque. Cependant quelqu’un se présente un jour à la porte de la maison : serait ce déjà les soldats ?

  Si le précédent tome enchainait les révélations, celui-ci n’est pas en reste. Le Professeur parle de lui-même, les Maudits évoquent également sa situation, de même qu’indirectement les 2 soldats. De nouveaux indices apparaissent mais toujours parcellaires, incomplets. Il reste difficile de tous les interpréter, Nagabe maitrisant parfaitement l’art de brouiller les pistes. L’atmosphère étrange, mélancolique et un peu triste est renforcée par ces informations qui apportent plus de questions que de réponses. Il y a quand même des moments plus calmes, plus joyeux, entre le nettoyage de la nouvelle maison, la fouille des alentours et les jeux dans la neige. Mais sinon ce qui nous attendions finit par arriver ! Même si c’est par accident, pour la protéger, le Professeur touche Sheeva. Surprise celle-ci lui fait avouer qu’il avait un doute sur son immunité. Il craint de l’avoir mise en colère mais ce sont finalement des larmes qui accompagnent ses aveux. Sheeva, que nous sentions troublée depuis la disparition de sa tante, est finalement soulagée, prête à aller de l’avant à la suite de cette nouvelle. Leur périple n’est pas encore terminé mais de nouvelles perspectives s’offrent à eux.

  Sa maitrise graphique n’étant plus à prouver, Nagabe continue de nous proposer une histoire à la fois simple et complexe, riche bien que son style reste épuré. Il entretient à sa manière un suspens qui nous fait scruter les moindres détails, la plus petite révélation. Avec tout cela, ce titre ne peut que nous séduire et attirer de plus en plus de monde.

Fabrice Docher

L’ENFANT ET LE MAUDIT (TOTSUKUNI NO SHOJO) volume 6 de NAGABE (2018)

Fantasy / fantastique / tranches de vie, Japon, Komikku Editions, mai 2019, 178 pages, livre broché 7.90 euros