Japanese Woodblock Prints (1680 – 1938) sort chez Taschen.

Japanese Woodblock Prints (1680 – 1938) sort chez Taschen.

Un livre XXL pour entrer dans l’histoire de l’Ukiyo-e. Résultat de 3 ans de travail d’Andreas Marks, il s’agit de la présentation de 200 chefs d’œuvres représentatifs de cet art incomparable et purement japonais. « J’envie les Japonais pour l’immense clarté qui imprègne leur travail… Ils dessinent un personnage en quelques lignes bien choisies comme si c’était aussi naturel que de boutonner son gilet.» disait Van Gogh.

Une présentation érudite et 7 chapitres chronologiques décomposent les étapes de l’histoire de l’Ukiyo-e. On apprend ainsi qu’à leurs débuts, les estampes étaient coloriées à la main après impression. La polychromie apparaît dans les années 1740 et n’aura de cesse de se sophistiquer. Les sujets, quant à eux, demeurent ceux du genre depuis ses débuts : la sexualité et les maisons de plaisir avec la beauté des femmes, le théâtre et ses acteurs, la nature avec la faune et la flore. Sans oublier la vie quotidienne et les scènes excentriques telles les chasses aux démons comme « le fantôme de Kohada Koheiji » ou « image de la bataille des crapauds ». Son histoire montre aussi qu’elle évolue cependant au gré de la censure. Au début des années 1800 par exemple, une loi somptuaire interdit se représenter les visages de femme et les costumes luxueux. Elle sonne le déclin du genre qui se renouvelle cependant dans des scènes d’influence occidentale tant par les sujets que le style : portraits très réalistes comme « l’acteur Morita Kan’ya XIII dans le rôle de Jean Valjean », scènes de guerre avec la « bataille navale devant Port Arthur ».

L’immense format permet de rester au plus près de la taille d’impression originale. Les grandes estampes sont éditées en doubles voire triples pages pour 17 d’entre elles. Ce qui permet d’en apprécier les moindres détails. Couvrant la totalité du genre, le livre permet encore de faire découvrir des œuvres, des artistes autres que les incontournables, tels les précurseurs : Okumura Masanobu ou Torii Kiyonobu II. Ou bien des plus récents comme Kubo Shunman.

Un cadeau de poids pour l’amateur éclairé !

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

Japanese Woodblock Prints (1680 – 1938), Andreas Marks, édition trilingue (anglais, allemand, français), relié, 29 x 39,5 cm, 622 pages, 150 €éd.Taschen.