Hunt volume 1

Hunt, un thriller horrifique réalisé par un duo de mangaka : Ryo Kawakami au scénario et Koudo au dessin.

Le récit plutôt basique, débute avec l’enlèvement d’une jeune lycéenne, Airi Mushima. L’adolescente se retrouve enfermée, avec d’autres lycéens, pour jouer au jeu de société le Loup-garou version réaliste. Les lycéens enlevés représentent les villageois et parmi eux se cachent deux loups. Chaque jour il leur faut désigner une personne à tue, leur but étant d’éliminer les loups garous. Quant aux loups, chaque soir ils peuvent choisir, en se concertant, un villageois à éliminer. Les vainqueurs (villageois ou loup-garous) empocheront la somme d’un million de yens. Ceux qui se révoltent voient le collier qui leur enserre le cou se refermer, et ils meurent décapités.

La dramaturgie de Ryo Kawakami tombe dans de nombreux travers maintes fois relevés dans ce genre de manga ultra codifié. On retrouve notamment une longue introduction, servant à expliquer les règles du jeu, et des personnages ultra stéréotypés qui sombrent constamment dans la folie. Parmi ces personnages, il y en a toujours un, énervant au possible, qui énonce des tirades pseudo-intello en déblatérant des informations évidentes comme s’il avait résolu une équation impossible. Le découvrir est toujours un moment d’atterrement complet. Lorsqu’on l’a enfin trouvé (parce qu’on sait qu’il arrivera à un moment ou un autre, c’est presque un jeu) on a qu’une envie, refermer ce manga et aller trouver quelque chose de plus intéressant à se mettre sous l’œil.

Le travail de Koudo n’aide malheureusement pas le scénario. En effet le dessinateur se contente d’enchaîner ses planches avec un découpage souvent similaire. Il semble illustrer le scénario sans rien apporter de plus avec son dessin. On a l’impression que ce n’est qu’en illustrant des scènes gores qu’il se fait plaisir. De ce fait le rythme du manga s’en trouve grandement amoindri, et le trop plein de dialogues n’aide pas à accrocher au récit.

Les auteurs parviennent quand même à ne pas rendre leur récit immoral, ce qui n’est pas forcément évident dans ce genre d’histoire. Le lecteur pourrait facilement occuper la place d’un voyeur, s’identifiant ainsi à un criminel contemplant des êtres humains en train de s’entretuer, chose somme toute extrêmement malsaine. Cependant en plaçant l’histoire du point de vue d’Airi Mishima la donne change, du voyeurisme nous passons à une expérience qui se veut plus immersive. L’immersion en question est manquée, mais nous ne pouvons que saluer cette bonne intention.

Heureusement un peu de tension survient tout de même à la fin (il faut bien nous donner envie de lire le second tome), on en apprend un peu plus sur les personnages et sur le lien qui les unit. Un tournant narratif un peu tiré par les cheveux, auquel on pourrait adhérer pour peu qu’on ait affaire à des personnages un minimum sain d’esprit.

Hunt : un survival game comme un autre, si vous n’en avez jamais lu pourquoi pas, sinon passez votre chemin.

Hunt volume 1 de Koudo et Kawakami Ryo. Sortie 2014 au Japon par Takeshobo, juillet 2016 en France par Soleil manga.