Histoires de fantômes chinois de Tsui Hark, Andrew Chen

Ning Caichen, jeune collecteur de créance hanté par le souvenir de sa fiancée qui l’a quitté pour un autre, erre comme une âme en peine dans des contrées inhospitalières d’une Chine de fantaisie.
Il s’aventure par erreur dans une étrange cité peuplé de spectres bariolés. Il ne tarde pas à attirer l’attention de Qiuan, séduisante revenante qui doit livrer un humain à sa maîtresse. Mais un tendre attachement ne tarde pas à naitre entre le jeune homme et la fantôme.

Le nouveau film de Tsui Hark est un dessin animé adapté de la fameuse trilogie qu’il a produit, les Histoires de Fantômes Chinois. Ce film d’animation marque le retour de l’enfant prodige à Hongkong après ses malheureuses expériences américaines et on doit reconnaître que tous les fans de son cinéma démesuré l’attendaient au tournant. Il s’agissait pour lui de montrer qu’il n’avait rien perdu de son génie. Pour cela, et comme à son habitude, Tsui Hark a vu les choses en grand et ne s’est pas contenté de nous faire ce qu’il sait faire. Car rappelons-le ce film est sa première expérience dans le domaine du dessin animé qui n’est d’ailleurs pas une spécialité de Hongkong.

Tsui Hark prend des risques et… réalise un chef-d’œuvre ! Le character design et l’animation rivalisent de qualité avec les meilleurs manga japonais avec en prime une utilisation judicieuse d’images de synthèses pour tous les décors. Mais Histoires de Fantômes Chinois n’est pas seulement un d.a. de très bonne facture. Tous les thèmes chers à Tsui Hark y sont présents, la fascination des hommes pour les femmes, l’innocence, l’étrangeté du corps etc…, et on retrouve son ton mi-sérieux mi-ironique qui constitue la patte Tsui Hark. Mais pour la première fois qu’il réalise un vrai film pour jeune publique il n’a pas édulcoré son cinéma. En cela le parallèle avec Totoro de Myazaki parait judicieux. Le dessin des héros et des monstres est visiblement destiné aux enfants et on a même droit à deux, trois chansons pendant le film mais Tsui Hark joue avec art avec les ambiguïtés sexuelles des fantômes et il construit des personnages complexes dont il dévoile peu à peu les paradoxes. Au final il obtient un film d’une fraîcheur étonnante, très drôle et néanmoins très profond, un de ces films dont le charme indescriptible envoûte toutes les générations.

Date de sortie internationale : 1997

Pays : Hong-Kong