Hallucinations de Lau Kar-Wing

L’histoire de deux frères qui mettent au point des stratagèmes impliquant un robot, le but ? Voir une fille nue… Et ce n’est que le début : exploration de rêves, chasse aux vampires, courses poursuites interminables avec des flics ou pas…
C’est ainsi que ce film mènera à la découverte de pouvoirs télékinésiques et la plongée dans le cerveau d’un fou…

Ce film est un trip. On survole le nanar, la parodie. Les genres policier, tendresse, fantastique, science-fiction, action, sont passés en revue afin de créer un ovni, en se moquant au passage des scènes d’amour flamboyantes et des chorégraphies calculées.
Un sacré cocktail de bizarreries.

Le scénario n’a ni queue ni tête. Les seuls éléments récurrents sont un esprit légèrement pervers et une sensation de brume, pour les acteurs eux-mêmes d’ailleurs, tant les situations vont être gérées de façon à faire croire en des choses qui ne le sont pas. Principalement, celles des rêves. C’est sûr que quand l’un des personnages possède le pouvoir de pénétrer dans les rêves des gens, voire de plier la réalité à sa volonté… (Inception en plus drôle et bien avant, le film datant de 1987). Pouvoir qui va d’ailleurs le transformer en cobaye de laboratoire et qui va être prétexte à passer d’un genre à l’autre en se gaussant un peu des clichés en la matière.
Dans le genre action, on est loin de la testostérone et des lance-roquettes. Ici, un petit geek fabriquant de jouets va se révéler être très bon quand il s’agira de courir pour sauver sa peau, et même mettre à mal le tueur qui sera à ses trousses.
Ou encore la chasse aux vampires la plus bizarre que j’ai jamais vue, où le dit vampire vous demande bien gentiment quel est votre groupe sanguin…

L’ensemble est assez comique et parodique. Le scénario est là pour donner libre cours à la fantaisie du réalisateur, mais ça passe bien et c’est plutôt sympathique. La musique un peu décalée comme pour se moquer des films à gros budget dignes de la vitrine d’un supermarché. Du genre avec beaucoup d’argent, mais sans rien dans le ventre. Dans Hallucinations, on ne sait pas quoi, mais il y a quelque chose à digérer. Le titre à cet égard est bien trouvé.

Enfin, mention spéciale à la scène de fin, qui plaira aux paranoïaques et aux amateurs de jeux vidéos, ne pas lésiner sur les moyens pour être sûr qu’il est bien mort…
Amateurs de bizarreries ou pour ceux qui veulent changer d’Hollywood, comme moi, vous passerez un bon moment!

Acteurs : Eric Tsang, Chow Yun Fat, Michael Miu, Emily Chu

Éditeur : Metropolitan Film & Video

Pays : Chine/Corée/Hong-Kong

Frederic Monteil