GANTZ:G volume 1 de Hiroya OKU et Keita IIZUKA

Avec 14 ans de publication pour 37 volumes, la série Gantz signée par Hiroya Oku a réussi à imposer un univers propice à de nombreuses adaptations et digressions. Ainsi, à l’occasion de la sortie du film live Gantz:O en 2015, l’éditeur Shûeisha lança dans le Miracle Jump un nouveau spin-off : Gantz G. Si l’on retrouve Hiroya Oku au scénario, celui-ci a préféré confier le dessin à un autre artiste : Keita Izuka. Alors que le titre s’est achevé en mars 2017 au Japon avec son troisième volume, les éditions Delcourt/Tonkam le proposent déjà en France, en parallèle à la réédition de l’œuvre original au format double.

L’histoire de Gantz G se déroule en 2005. Une classe de lycéens traverse gaiement le Japon en bus à l’occasion d’un voyage scolaire, quand, soudain, leur chauffeur est victime d’un malaise. Kei Kurona, l’une des filles de la classe, parvient jusqu’à l’avant du bus pour tenter d’en reprendre le contrôle, mais en vain : le bus explose une barrière de sécurité et chute du haut d’un pont, provoquant la mort de tous ses passagers… Mais, à leur grande surprise, ceux-ci se réveillent dans une salle de classe, au centre de laquelle se tient une étrange sphère noire. C’est alors que deux jeunes hommes, qui ne faisaient pas partie de leur groupe, se présente à eux, pour leur expliquer les règles d’un jeu étrange : Gantz.

Le récit partira donc rapidement sur des bases bien connues des lecteurs de l’œuvre originale : toutefois, le récit se voulant indépendant, cette histoire peut se lire sans connaître le manga principal. Les explications sont succinctes, mais efficaces, grâce à la présence de ces deux joueurs expérimentés, faisant office de guide. L’action pure prend donc vite ses droits, avec le développement de plusieurs réactions déjà connues dans l’original : ceux qui ne croient pas à cette histoire (et qui seront les premiers à mourir) et ceux qui accepteront cette dure réalité. Cependant, le fait d’appliquer le concept à une classe entière offrira quelques subtilités intéressantes : alors que dans Gantz, on suivait des individus indépendants, on observe ici une certaine force de cohésion et de protection mutuelle face à l’inconnu. Mais pour combien de temps ?

Pour leur première partie, les malheureux lycéens sont propulsés dans un zoo, où ils feront face à d’étranges créatures hybrides, amalgames de différentes parties d’animaux aux tailles variables. La bestialité est donc ici plus proéminente que l’étrangeté des extra-terrestres imaginés par Oku. Très rapidement, certains personnages se détacheront du lot, avec en tête la courageuse Kei et quatre autres demoiselles. Dans Gantz G, ce sont les filles qui prennent le pouvoir. Un « G » pour « Girls » ?

Du côté des dessins, Keita Izuka nous offre un trait moderne, calibré sur les standards de l’époque, sans trop de maladresse mais hélas, aussi, sans originalité. Le titre reste efficace et dynamique, les scènes d’actions sont plutôt bien retranscrites, mais il manque cette ambiance de malaise apportées par les imperfections de Hiroya Oku, sans parler du design des créatures précédemment évoqués. De même, la violence et la fan-service semblent avoir été atténués, comme si les auteurs voulaient s’adresser à un plus large public. C’est peut-être là l’intention de ce Gantz G, qui avec une histoire bouclée en trois volumes, pourrait constituer une sympathique porte d’entrée à l’univers pour les néophytes. Mais au-delà de ça, qu’apportera-t-il de neuf à une saga qui se répétait déjà dans son propre concept ?

Alain Broutta

GANTZ:G (—) volume 1 de Hiroya OKU et Keita IIZUKA (2015)

Action/Suspense, Japon, Delcourt/Tonkam – Young, août 2017, 224 pages, livre broché 9,35€