Festival d’Annecy 2005

Chaque année en Juin, l’animation s’installe sur les rives enchantées du lac d’Annecy pour un rendez-vous avec des fans du monde entier

En 2005 ça bouge !

29e édition… et quelques innovations remarquables côté organisation, comme la mise en place d’une billetterie par internet. Les accrédités pouvaient réserver leurs séances à l’avance à raison d’un billet par type de compétition et par jour. Finies donc les queues interminables du matin pour récupérer les billets de la journée. La contrepartie de cela est une souplesse moindre, les changements de dernière minute étant délicats malgré la mise en place d’une bourse d’échange de billets.

Le grand spectacle

Comme toujours, il y avait une profusion de séances, d’événements, d’expositions en des lieux variés de l’agglomération annecienne, de quoi désorienter facilement le festivalier peu averti. Côté programmation, le Canada était à l’honneur, histoire de rappeler que ce pays a joué un rôle inestimable dans l’histoire de l’animation mondiale. Des programmes spéciaux ont permis la projection de quelques monuments de la production canadienne, en rendant hommage à des auteurs incontournables comme Norman McLaren, Co Hoedeman et Frédéric Back

Une programmation européenne

Cette année, plus que jamais, la priorité semble avoir été donnée à la production européenne. Ceci était nettement visible au niveau de la compétition des long métrages comportant 100% d’œuvres européennes. Par contre l’Asie fut la portion congrue dans toutes les catégories de la compétition. Ceci est d’autant plus évident à la lecture du palmarès 2005 : aucun film asiatique n’y figure.

Le film événement

Coté off, l’événement asiatique fut sans conteste la projection en avant-première française d’AppleSeed en présence du réalisateur Shinji Aramaki. Salle comble, ambiance électrique, tous les ingrédients des projections événements étaient réunis. Ce film est, rappelons-le, adapté d’un manga de Masamune Shirow à l’intrigue assez complexe. Le scénario du film clarifie quelque peu les choses, pour le plus grand bien du spectateur ignorant l’univers de Shirow. La contrepartie de tout cela est une perte de crédibilité de certaines séquences critiques de l’histoire.
L’image est en 3D avec un rendu animation japonaise spécifique. Le motion capture (utilisation d’acteurs humains pour modéliser les personnages) a été largement utilisé. Ceci permet une grande fluidité et renforce l’aspect spectaculaire des scènes d’action, d’autant que les mecha (machines) sont splendides. Cependant on notera une palette d’expressions faciales des plus réduites, contrairement à ce qui se passe en 2D où l’exagération des expressions est la règle et contribue largement à exprimer les sentiments des protagonistes. Cela donne un air quelque peu figé aux personnages et introduit un décalage perceptible avec l’atmosphère dramatique de certaines scènes.
Au final, cette oeuvre bien moins philosophique qu’Innocence, adaptée elle aussi d’un manga de Shirow, plaira avant tout aux amateurs de films d’action avec mecha. Sa sortie en salle est prévue le 31 Août. Notons enfin que c’est l’éditeur français Kaze spécialisé dans l’animation japonaise, qui a permis l’arrivée d’AppleSeed en France à peine plus d’un an après sa sortie au Japon.

Nouvelles techniques

Les techniques de l’animation évoluent rapidement depuis que l’ordinateur est devenu un outil essentiel. Mais la vidéo est aussi de plus en plus présente et certaines œuvres comportent plus de prises de vues réelles que de dessins, comme l’excellent Fliegenpflicht Für Quadrat Köpfe qui a obtenu le Grand Prix du Court Métrage. Enfin les techniques dévolues à l’internet comme le “flash”, se développent et se mettent au service d’œuvres tout à fait intéressantes.

En bref

Le Festival d’Annecy évolue à l’unisson d’une technique artistique qui a le vent en poupe. Souhaitons simplement qu’il ne se repliera pas sur la seule production européenne et continuera à jouer un rôle de vitrine mondiale de l’animation.

Pays : France

Jean-Michel Rapet