Annecy 2017 – Retour sur un festival très “animé”

 ANNECY 2017

« Annecy, Annecy

C’est le plus beau

Des festivaux ! »

ANNECY 2017

La chanson du spot principal du festival, confiée cette année au studio Folimage et se servant d’Ariol (bande dessinée d’Emmanuel Guibert et Marc Boutavant, puis série télévisée), est vite devenu un hit. Rapidement elle a commencé à être entonnée à toutes les séances et cela est amplement mérité car elle est très entrainante. La présentation du petit âne bleu et de sa classe est bien faite, détaillée et agréable à regarder. La vidéo de 2013 avec la série d’animation Kaeloo avait mis la barre assez haute mais l’équipe de Folimage a bien relevé le défi. Cela va être dur pour les prochains.

Et il ne faut pas oublier également l’école des Gobelins qui comme chaque année nous a concocté 5 vidéos en rapport avec le pays à l’honneur. Pour la Chine, nous avons eu droits à un défilé de monstres et fantômes traditionnelles, à une jeune fille faisant du Dao (sabre chinois) dans une école d’arts martiaux, à un chantier se remettant en route après la sieste, à un puzzle 3D où chaque pièce est une facette du pays et enfin aux préparatifs pour une pièce de théâtre sur Le Serpent Blanc. Simple et efficace, chaque petite séquence est un régal pour les yeux.

Maintenant que nous avons abordé un peu l’enrobage, plongeons au cœur du sujet…

1 – Une édition très chaude

2 – La Chine en force

3 – Séances évènements… ou pas ?

4 – Et pour le reste ?

5 – Conclusion

6 – Palmarès

7 – Résumé des longs métrages

 

Une édition très chaude

D’abord au 1er degré : il a déjà eu fait chaud lors de précédentes éditions du festival mais cela se limitait à une ou deux journées. Cette année, la chaleur a été quasi permanente (à part une petite pluie le mercredi soir et du vent le samedi) et a pas mal impacté tous les festivaliers. Certaines files d’attentes devenaient vite fatigantes et heureusement, pour le cinéma Pathé, un petit chapiteau avait été aménagé à l’extérieur, ce qui permettait à ceux qui n’avaient pas de billets d’attendre plus sereinement. Au moins, la climatisation dans les salles était encore plus appréciée et l’ambiance était encore plus festive et estivale.

Ensuite le programme en lui-même était chaud. En effet, cela commençait dès la bande annonce, qui mettait une jeune femme sur un transat, dégustant une glace qui commence à fondre, et qui est épiée par quelqu’un. Ensuite, en plus de la pléthore de séances à essayer de suivre, le festival nous proposait un programme nommé Eros avec 3 sessions distinctes. Comme le nom l’indique, le point central de tous les court-métrages concernés était le sexe et tout ce qui se rapporte à lui. Mais attention, bande de petits obsédés ! Il ne s’agissait pas de vidéos pornographiques ! Non, le sexe était plutôt un contexte, un élément plus ou moins important du scénario mais aucun ne donnait dans le voyeurisme. Nous obtenions ainsi un mélange assez hétéroclite, tant du point de vue de l’image que de l’histoire mais aussi également côté intérêt.

(Naked Youth de de Kojiro Shishido – Japon, 2006)

C’était également chaud du côté des long-métrages français, ou coproduction française, avec des titres plus ou moins attendus, mais surtout avec du gros potentiel. Nous avions d’abord Zombillénium d’Arthur de Pins et Alexis Ducord (France / Belgique), le premier étant l’auteur de la BD du même nom adapté ici. Si l’histoire est inédite, elle se rapproche néanmoins beaucoup de celle du 1er tome. Un père veuf, fonctionnaire chargé de contrôler le respect des normes de sécurité, visite le parc Zombillénium et en découvre par hasard l’incroyable secret. Transformé en monstre par le directeur, il est bloqué dans le parc. Or il ne cesse de penser à sa petite fille qui est désormais toute seule et décide de s’enfuir pour la retrouver. A part quelques détails, comme les origines du parc, il n’y a donc pas beaucoup de différences par rapport à la bande dessinée alors que le personnage que l’on suit n’est pas le même. Mais la musique, excellente, et la bonne réalisation globale en font un titre divertissant.

L’autre titre français (coproduit avec le Japon) marquant, autant par sa réalisation que par son sujet, est Mutafucaz de Guillaume Renard (alias Run, l’auteur de la BD du même nom) et Shojiro Nishimi. Ayant travaillé sur Amer Béton de Michael Arias et Hiroaki Hiroaki, ce dernier retrouve une ambiance, certes chaude et folle, mais tout aussi urbaine et désenchantée. La vie monotone de 3 amis à l’aspect improbable (une tête noire avec de grands yeux et pas de bouche, une autre en squelette enflammée et la dernière croisée avec une chauve-souris) basculent lorsqu’ils se retrouvent poursuivis par des hommes en noir qui veulent les éliminer depuis que le 1er, Angelino, a eu un accident de scooter. Pris d’un mal de crâne permanent, il semble victime d’hallucinations qui le rendent paranoïaque. Mais leur situation leur laisse penser qu’il y a quelque chose de très important derrière ces « visions ». En fait, il est difficile de décrire et de résumer cette histoire totalement barrée, drôle mais également très violente. D’une bonne qualité technique, ce film est agréable, ultra dynamique et à partir d’un moment complètement fou. Peut-être trop ? En effet pour le moment il n’a pas de distributeur en France et vu son style, cela ne va pas être évident pour lui d’en trouver un. Croisons les doigts car il serait dommage que le grand public passe à côté.

Autre long métrage plutôt « chaud », Tehran Taboo d’Ali Soozandeh (Allemagne). Jugez plutôt : « alors que son mari est en prison, une femme n’a d’autre choix que de se prostituer pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils muet. Pour arriver à divorcer, elle accepte la proposition d’un juge de devenir sa maitresse. Il l’a fait s’installer dans un appartement où elle rencontrera parmi ses voisins, 2 autres femmes qui essayent de s’émanciper ainsi qu’un jeune homme pris au piège par l’une d’elle. Arriveront-ils à briser les tabous d’une société rigoriste mais qui est en réalité minée par le sexe, la corruption et la drogue ? » Le film est un portrait sans concession d’un Iran qui se veut fier de ses principes et de ses lois, mais dont la réalité est bien loin de l’image idéale que le pays souhaite afficher au monde. La technique de la rotoscopie employée ici donne encore plus de profondeur aux personnages, avec le réalisme de leurs traits. Cela accentue l’impression de malaise que l’on ressent à la fin du visionnage de ce titre cynique, noir et tragique.

Et pour finir sur l’actualité bouillante mise en avant par le Festival, il ne faut pas oublier les avant-premières notamment de Moi, Moche et Méchant 3 (de Pierre Coffin, Kyle Balda et Eric Guillon (France / Etats-Unis) – à droite) et de Cars 3 (de Brian Fee (Etats-Unis) – ci-dessous), voire de Capitaine Superslip (Captain Underpants de David Soren (Etats-Unis)). Plus ou moins attendus chacun, les 2 premiers se sont vraiment montrés à la hauteur et ont clairement eu les faveurs du public, le second remontant la pente après un 2ème opus mitigé. Le 3ème n’a pas eu vraiment cette chance, le sujet de celui-ci ayant été peut-être moins bien accueilli.

 

La Chine en force

Pays à l’honneur cette année, la Chine n’a pas manqué ce rendez-vous. Ainsi en plus des 9 courts métrages répartis dans les différentes sélections officielles, nous avions 4 longs métrages (un 5ème, Have a nice day de Liu Jian, a été annulé au dernier moment), 8 programmes spéciaux, des invités et des expos. En bref, il y avait vraiment de quoi faire pour les amateurs de l’Empire du Milieu (et les autres).

Et quoi de mieux pour commencer que le 1er film d’animation parlant chinois, la Princesse à l’éventail de fer (Tie shan gong zhu – 1941), des frères Laiming et Guchan Wan. Présentée en version française, cette version restaurée accuse le poids des ans malgré le travail qu’il a été fait dessus. Côté son, cela va mais l’image est parfois assez endommagée. Cela n’empêche pas heureusement le visionnage de cette œuvre plutôt destinée aux enfants mais quand même tout public, pleine de poésie et de malice, et très représentative du style chinois. De toute de manière, rien que son aspect historique fait qu’elle mérite d’être vue.

Rock Dog d’Ash Brannon (coproduit avec les Etats-Unis) est lui aussi un long métrage tout public, bien que la cible soit avant tout les enfants. D’une réalisation classique, avec une 3D très propre, il possède un scénario plutôt banal : différence entre attentes d’un père et rêves d’un fils, entre ce que l’on espère d’une idole et sa réelle personnalité, entre naïveté et réalité. Même l’éternel conflit entre les loups et le chien de garde, le tout restant comique, ne fait pas vraiment dans l’originalité. Mais il y a quand même quelques idées intéressantes et des passages bien menés. Et l’ensemble est entrainant, agréable à suivre, au-delà de l’apport de la musique et des chansons qui participent beaucoup à l’ambiance. En bref c’est une assez bonne surprise, pas une grande œuvre, mais elle se laisse regarder.

Le gros titre mis en avant, avec conférence de presse et présence de son réalisateur, est Big Fish & Begonia (Da Yu Hai Tang) de Xian Liang et Chun Zhang. Pourtant les visuels présentés et le synopsis ne semblaient pas très prometteurs. Le scénario, très ancré dans le taoïsme et puisant largement dans le folklore chinois, est au premier abord assez classique : l’amour, le dépassement de soi, la relation entre l’homme et la nature, l’opposition entre devoir et tradition, la culpabilité, la volonté de réparer ses fautes, etc. D’aucun pourrait y voir une recopie de titres du studio Ghibli, tant dans le fond que dans la forme. Et pourtant, dès les premières minutes du film, toutes ses considérations sont balayées. Il possède en effet une puissance visuelle et sensorielle qui lui est propre, qui ne cesse de nous entrainer dans un tourbillon de sentiments toujours différents. Rien à redire du côté des images et des décors, magnifique et vraiment empreintes d’une sensibilité profondément liée aux traditions chinoises. L’histoire a été par contre plus victime de la gestation très difficile du film (problème de financement obligeant l’arrêt de la production et marché plus orienté vers les enfants) ; elle devient parfois assez confuse vu le nombre de personnages mis en scène, certaines actions sortent un peu de nulle part, et la fin nous laisse un peu sur notre… faim. Beaucoup de questions laissées en suspens devraient être résolues dans la suite qui devrait être mise en chantier rapidement mais en l’état, c’est un peu frustrant. Si on prend le long métrage dans son ensemble, il est difficile de ne pas faire de rapprochements avec d’autres œuvres, notamment celles d’Hayao Miyazaki. Il n’a cependant pas à rougir de la comparaison, tant ses qualités techniques sont indéniables. Il a également une identité propre suffisamment développée pour ne pas être considéré comme un plagiat ou une redite. Il s’agit clairement d’un titre à découvrir et les futurs travaux du studio B&T seront à surveiller.

En plus du 4ème film Tea Pets de Gary Wang (que je n’ai malheureusement pas vu), de nombreux programmes spéciaux nous proposaient un vaste tour d’horizon de la production animée chinoise. Entre les années 50, 60, le renouveau suivant la révolution culturelle, la nouvelle génération et les courts-métrages d’écoles, il y avait de quoi faire. A cela s’ajoutait un programme sur Xi Chen et Xu An dont l’intitulé, « revisiter l’histoire », méritait bien son nom. Adeptes d’une animation se rapprochant des papiers découpés, avec une mise en scène simple et des décors beaux et épurés, ils remettent en perspective certains faits ou habitudes chinoises sous en angle à la fois drôle et tragique. La Révolution Culturelle, la corruption, les loisirs, etc. : tout est vu par l’envers du décor, dans une globalité qui remet en question ce qui est établi.

Dernier programme, et non des moindres vu qu’il est à l’origine de quasiment tout le reste, un spécial Sun Xun. Présent en personne sur le festival, il est en effet à l’origine de la venue d’une partie du contenu de l’hommage à la Chine. Artiste aux talents multiples, il travaille avec de la peinture, du bois taillé, de l’encre de Chine ou du charbon par exemple. Nous pouvions d’ailleurs en profiter en direct au château d’Annecy où il a effectué une performance dans une salle. Il était ainsi possible de voir pourquoi il est considéré comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs du pays, ayant été exposé dans le monde entier malgré son jeune âge (38 ans). D’après lui, il se rapproche de la figure du magicien, qu’il voit comme un menteur : « Nous payons pour venir voir des mensonges. Nous ne sommes pas stupides, nous aimons les mensonges, nous en avons besoin pour nous divertir ». Ses courts métrages sont à son image, au carrefour de ses multiples techniques. Très variés dans le contenu et dans la forme, ils ont une force visuelle indéniable comme Beyond-ism et 21 Grams.

Pour en revenir à l’exposition où Sun Xun était (Chine, l’art en mouvement), celle-ci comportait une grande partie historique, revenant sur les étapes les plus importantes et les acteurs principaux de l’animation chinoise. Nous avions une vue d’ensemble des différentes techniques les plus communément utilisées ou emblématiques, comme l’animation en volume, les découpages articulés, les lavis animés ou les marionnettes. En plus du passé, l’exposition abordait aussi le présent, avec un état des lieux des différents acteurs actuels du monde de l’animation (le MIFA possédait également un impressionnant pavillon chinois, avec de nombreux studios présents). Elle comportait aussi quelques œuvres contemporaines dont Perturbation de Du Zhen-jun (en appelant un numéro par le téléphone installé à côté, une image s’animait avec tout le monde qui essayait de répondre à l’appel avec de redevenir immobile) ou Meteor Sonata de Ding Shi-wei (sur un écran de 15 mètres de large ! – à gauche). Et c’est un peu hors sujet mais il y avait également au même endroit une exposition de cellulos du réalisateur René Laloux : idéal pour les amateurs pour redécouvrir La Planète Sauvage, Les Maitres du Temps et Gandahar.

 

Séances évènements… ou pas ?

   Difficile de ne pas ressentir, pour celles qui concernaient l’animation japonaise, une certaine frustration. Commençons avec Kobun Shizuno, Hiroyuki Seshita (les 2 coréalisateurs) et Yoshihiro Furusawa (producteur exécutif) sont venus présenter, au nom du studio Polygon Pictures et de Toho Animation, le 1er volet de la nouvelle trilogie Godzilla. Ils avaient la lourde tâche, pour les 60 ans du célèbre monstre, de le moderniser : c’est pourquoi ils ont opté pour l’animation avec une nouvelle histoire pour attirer un nouveau public. Ainsi le scénario nous présente une humanité contrainte d’abandonner la Terre, étant incapable de se défendre contre Godzilla et les autres monstres du même type. Arrivés sur la nouvelle planète qu’elle visait, elle se rend compte qu’elle n’est pas adaptée pour elle et décide de retourner sur Terre. Après 20000 ans de voyage, accompagnés par des extraterrestres, les Hommes vont redécouvrir leur planète d’origine. Le programme est alléchant mais le souci de cette conférence est qu’elle n’avait… quasiment rien d’autre à proposer que cela ! A part quelques artworks, les intervenants ne pouvaient rien montrer, ni expliquer plus en détail le scénario ou le background des personnages, notamment les extraterrestres qui aident les humains. Le résultat était donc assez frustrant, tenant plus du teaser que du réel Work In Progress. Même s’ils nous promettent une réalisation de grande qualité avec de grosses pointures pour le doublage, c’est un peu dommage.

Dans le même ordre d’idée, la conférence/présentation du nouveau film de Mazinger Z nous laissait une impression identique, du moins au début. Le fait qu’il se tenait dans la Grande Salle du Bonlieu nous a permis de visionner un trailer impressionnant techniquement ; cependant celui-ci ne montrait que des adversaires connus, tant en personnages qu’en robots. Si l’atmosphère semble avoir changée, ce film va-t-il proposé du neuf ou juste plaire aux fans ? Réalisé en l’honneur des 50 ans de carrière de Go Nagai, il s’agit avant d’une réactualisation de l’œuvre originelle, remise au goût du jour avec les techniques actuelles (le meilleur de la 2D avec beaucoup de 3D) ; c’est à la fois un héritage et une nouvelle direction, selon les mots de l’équipe de la Toei venue présenter le long métrage. Si ce dernier nous laisse un peu sur notre faim en lui-même, l’arrivée de Go Nagai au milieu de la présentation a alors déchainé la foule des spectateurs, et il y avait de quoi. Pour sa 1ère venue à Annecy, il a parlé de la genèse de Mazinger Z, de son implication dans le nouveau film, de ce qu’il pense de la direction artistique, etc. Il nous a même gratifiés d’une anecdote : il a rencontré sur le festival Guillermo Del Toro qui lui a fait un gros hug (de la force de Mazinger !). Celui-ci le remerciait de l’inspiration que lui a procuré toutes ses œuvres pour ses propres travaux. Go Nagai espère que ce nouveau long métrage fera de même pour la prochaine génération. En bref, la présentation ne nous a pas appris grand-chose mais la présence du maitre a grandement relevé le tout.

Mais il ne faut pas généraliser : toutes les séances Évènements n’ont pas été toutes mitigées. Pour Blame!, ce fut une autre histoire. Même si étant produit par Netflix, le film était déjà disponible sur la chaine payante, le voir sur grand écran ne lui donne pas la même envergure. Surtout qu’il porte bien son nom, vu le volume des explosions, assez nombreuses. D’ailleurs pour en revenir au titre, le réalisateur Hiroyuki Seshita (accompagné entre autre de Tadahiro Yoshihira, coréalisateur), venu le présenter, a fait une importante mise au point : il se prononce Blame! avec le son « a » et non « è » (à l’anglaise). Il nous l’a d’ailleurs fait répéter plusieurs fois pour bien insister dessus. La petite présentation qu’il a faite avant la projection a été très bon enfant, vu la bonne humeur de l’équipe japonaise présente avec certains membres qui n’hésitaient pas à monter avec une bière à la main. Le film en lui-même se base sur plusieurs chapitres des volumes 3 et 4, avec plusieurs grosses différences : la rencontre avec Killy (à droite), la mission commune, la découverte de Cibo, l’intrusion de l’ennemi principal et la fuite des derniers habitants. En gros, nous pouvons dire que seule la trame du manga est respectée, les décors et le déroulement étant presque originaux. Mais l’esprit de l’œuvre originale est là, ce qui est le principal, à un détail près. En effet, bien qu’il soit le moteur d’une grosse partie des évènements, le dernier rempart contre les sauvegardes et leur chef, Killy n’est pas vraiment présenté comme le personnage principal ici. Nous suivons plutôt le point de vue de Zuru, l’une des électropêcheurs (le personnage de gauche), même si elle n’est parfois que la spectatrice des actions de Killy. Si ceux qui connaissent le manga pourraient être perturbés, cela convient bien au format long métrage. En effet pour notre héros ce n’est juste qu’une rencontre comme une autre pendant son très long périple, alors que pour Zuru et son village, c’est un immense bouleversement. Dans un sens Blame! est un film dispensable, n’apportant pas grand-chose par rapport au manga dont il adapte un épisode assez anecdotique. Mais cette œuvre est en réalité tellement complexe, avec de nombreux enjeux impliquant plusieurs forces, qu’il serait difficile de la résumer en un film. Ce long métrage est donc une bonne introduction à cet univers, avec une plastique très agréable. En effet, si le cell-shading peut perturber, il convient bien à l’ambiance générale.

Pour finir, la projection de Yamato (Uchu Senkan Yamato : Fukkatsu Hen de Yoshinobu Nishizaki (2009)) permettait de découvrir un titre impressionnant visuellement sur grand écran, avec un scénario faisant suite à la précédente série. Mais connaisseurs et amateurs pourront facilement profiter du spectacle qu’offre le film, avec ses immenses batailles spatiales, ses moments de bravoures ainsi que mes moments plus calmes, plus contemplatifs. Entre tactique et politique, le scénario se veut assez complet mais certains détails sont très mal amenés ou mal gérés. Par exemple, la fin nous laisse un goût bizarre, certains personnages assez importants étant ainsi complètement oubliés bien que se trouvant dans une situation périlleuse. L’histoire elle-même se finit un peu abruptement alors que tout n’est pas vraiment réglé. Cela reste cependant un beau spectacle.

 

Et pour le reste ?

Si la Chine s’est donc payé une grosse part du gâteau des programmes, nous ne pouvons pas en dire autant de tous ses voisins plus ou moins proches. Ainsi que soit en réalisation ou en coréalisation, en courts métrages, nous n’en avions que 5 venant du Japon (dont 3 en programme Eros), 3 de Corée du Sud, 1 d’Inde, 1 d’Indonésie, 1 de Taïwan et 1 de Hong Kong + Singapour. Pas de quoi pavoiser donc, surtout au regard des autres années. Heureusement nous avions les longs métrages pour rattraper, avec 5 titres japonais et 2 coréens, sans compter les programmes spéciaux et les Work in Progress évoqués dans le chapitre précédent. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai quasiment pas pu voir de courts métrages. Abordons donc ces films.

Et dans ce cas autant commencé par celui qui va recevoir le prix du jury, Dans un recoin de ce monde (In this corner of the world) de Sunao Katabuchi. Après un passage remarqué l’année dernière en Work In Progress, ce long métrage a confirmé ses qualités lors de ses projections. Si sa réalisation n’est pas flamboyante, elle est parfaitement dans le ton du manga originel, faisant grandement honneur à l’œuvre de Fumiyo Kôno. Tout est juste, bien pensé et ce n’est pas dû au hasard ; le réalisateur, peu avare en conférences, discussions et autres interviews pour l’expliquer, n’a effet pas ménagé ses efforts pour intégrer les plus d’éléments réels possibles. Bâtiments, dates de présence de tel ou tel bateau, dialecte même, etc. : un immense travail de recherche et de reconstitution a été mené pour être le plus possible fidèle à l’Histoire. Et cela renforce notre vision de cette époque alors qu’il n’est presque question que du quotidien de Suzu et de sa belle-famille. Mais c’est justement ce qu’elle vit au jour le jour, avec ce que le conflit impose aux simples civils, que nous ressentons l’horreur de la guerre. Et d’ailleurs notre héroïne, d’ordinaire si calme, qui explosera de colère lorsqu’elle comprend qu’ils ont enduré tout cela pour rien, qui en fait le témoignage le plus poignant. Alors que tous les personnages essayent de vivre, de garder leurs rêves, de penser à ce qui est le plus important pour eux, l’évolution du conflit va peu à peu marquer leur esprit et leur chair. Pourtant ils ne vont jamais abandonner, Suzu en tête. C’est une belle leçon de courage, déjà très belle dans le manga Fumiyo Kôno, et sublimée par Sunao Katabuchi, qui en a fait une œuvre magnifique. Elle est à recommander à tous (et à bien regarder jusqu’au bout, comme nous l’a demandé en personne le réalisateur).

Au tour ensuite de Lou et l’île aux sirènes (Lu over the Wall) de Masaaki Yuasa, futur Cristal du long métrage. C’est avec un certain plaisir que nous retrouvons le réalisateur de Mind Game et Tatami Galaxy, dans un registre cette fois légèrement différent. S’il y a toujours une part de magie et son style très reconnaissable, ce film est beaucoup accessible que la plupart de ses précédentes réalisations (il a écouté les critiques). Néanmoins cela ne veut pas dire qu’il est simpliste. Réalisé en flash principalement avec une petite équipe très recentrée, ce film est une ode à l’acceptation de la différence, à la jeunesse, à la musique. Il est tellement dynamique et plein d’entrain que tout comme les habitants du village lorsque Lou chante, nous sommes assez vite pris d’une fièvre dansante qui nous empêche de tenir en place. L’histoire un peu surprenante est entrainante et agréable, même si certains points sont un peu bizarres. Mais au fur et à mesure que l’histoire avance, tout devient plus compréhensible et se tient parfaitement. En plus de la bonne humeur, le film contient quelques moments de tension, de suspens que nous tiennent en haleine tout en nous faisant réfléchir sur la bêtise humaine. Face à une conclusion douce-amère fort est de constater que ce film mérite parfaitement son prix tant par l’aspect divertissement, sa qualité technique et les sentiments qu’il titille en chacun de nous. En somme Massaki Yuasa est au mieux de sa forme et si, comme je l’ai déjà dit, Lou et l’île au sirènes est plus accessible, ce n’en est pas moins une œuvre intelligente. Le réalisateur tenait à aborder des problèmes de société, notamment les problèmes pour communiquer, pour exprimer son opinion ou sa différence. Il parle également des réseaux sociaux qui créent des mouvements de masse et de fait que l’on recherche des boucs émissaires en cas de problème, était de fait qu’il déteste. Forcément c’est un titre à découvrir au plus vite et par la même occasion toute la précédente filmographie du réalisateur, qui vaut également le coup d’œil.

S’il est difficile sur les 2 premiers longs métrages de mettre en doute leur qualité, l’exercice est plus compliqué avec Ancient & the Magic Tablet (Hirune Hime – Rêves éveillés) de Kenji Kamiyama. Sa qualité visuelle est indéniable : très bien animé, beau, riche, côté réalisation il n’y a rien à redire. Il y a cependant quelques petits soucis au niveau de l’histoire au tout moins de l’enchainement du scénario. Pourtant habitué des intrigues compliquées avec Higashi no Eden et Ghost In The Shell Solid State Society, le réalisateur nous perd un peu. Cela concerne les fameux moments où Kokone s’endort et vit une histoire alternative, entre guillemets. Sans vouloir trop en révéler, si au départ si cela ne prête pas trop à confusion, l’enchainement avec la réalité devient vite un peu surréaliste et problématique : certaines transitions sont plus que limites et surtout on se demande comment ce qu’elle rêve peut se raccrocher à une réalité qu’elle ne connait pas encore. Surtout lorsque nous apprenons la vérité sur les premiers que nous voyons. Dommage car l’histoire en elle-même est assez intéressante même si le point de départ reste assez commun (au départ la rébellion d’une fille contre son père). Face à cela il faudra bien du courage à Morio, l’ami de Kokone, pour arriver à la suivre alors qu’elle-même se perd entre ses rêves et la réalité. Au moins une fois le mystère de la tablette magique est résolu, elle n’est plus surnaturelle et tout devient plus logique. Lorsque que nous connaissons l’ensemble du film, tout devient beaucoup plus clair (même s’il reste toujours un peu de magie). Mais l’ensemble est quand même intéressant et mêle si cela tend vers un happy end un peu forcé au moins la vérité tout est mis à plat. Malgré ses défauts ce film (pourquoi « Ancient & Magique Tablet » d’ailleurs) est agréable à regarder.

A Silent Voice (Koe no Katachi) de Naoko Yamada adapte le manga du même nom de Yoshitoki Ôima. Le long métrage reprend grosso modo la trame des sept volumes (en faisant quelques coupes quand même) pour tout faire tenir dans 2h09. Et que dire d’autre sinon que la réalisatrice a très bien fait son travail. Pour ceux connaissant l’œuvre originale, il n’y a évidemment pas trop de surprises, étant donné que le scénario suit presque à la lettre l’histoire de base. Il est toujours question de handicap, du problème d’intégration des personnes concernées, de la définition de l’amitié et de l’acceptation des autres. Mais le tour de force a été de bien mettre en scène toutes les émotions présentes dans le manga. Du déchirement intérieur de Shoya aux efforts de Shoko pour communiquer, de la difficulté à accepter de nouveaux amis à la position ambigüe des anciens, tout est palpable aux travers des images, des couleurs et de la musique. D’innombrables sentiments se bousculent, rendant tous les personnages très réalistes. Sans être un grand titre, il possède une certaine âme qui ne laisse pas insensible ; n’est pas là l’essentiel ?

Rudolf the Black Cat de Kunihiko Yuyama et Motonori Sakakibara est clairement destiné aux enfants avec ses personnages mignons, ses décors assez simples, son intrigue pas trop compliquée et son méchant qui n’en est pas vraiment un. De même l’histoire est relativement logique dans son déroulement mais à part le fait de voir des chats apprendre à lire (assez rapidement en prime). Un autre point qui pourrait paraitre bizarre est que Gottalot prenne Rudolf sous son aile sans trop se poser de questions ; mais cela s’explique plus tard par sa propre histoire. Même le comportement du chien est logique. Les sentiments de tous les personnages sont assez justes, l’enchainement des évènements aussi, tout est bien réfléchi. C’est un programme qui se veut tout public, sans prétention, un bon divertissement.

Concernant les longs métrages sud-coréens, nous pouvons dire qu’ils n’avaient pas grand-chose en commun. Lost in the Moonlight de Hyun-joo Kim est un film plus destiné aux enfants avec son héroïne très jeune et son esthétisme mignon. Très beau, assez dynamique, il se veut féerique avec des monstres effrayants mais sans plus, des divinités bienveillantes et une fin où tout se passe bien. Le message qu’il véhicule est très terre-à-terre (ne pas fuir ses responsabilités, accepter ce que nous sommes et ce que nous avons, ne pas être égoïste, jaloux et envieux, etc.) mais il est souvent nécessaire de le rappeler pour ne pas l’oublier. N’est-ce-pas d’ailleurs l’apanage des contes de fées d’avoir une morale et d’expliquer les conséquences d’une mauvaise action ? Si notre monde est loin d’être tout blanc ou tout noir, il convient cependant de montrer aux enfants la bonne voie à suivre.

I’ll just live in Bando de Yong Sun Lee est quant à lui une critique sociale. Très cynique, cette comédie noire n’épargne pas ses personnages, aucun d’entre eux n’arrivant à trouver grâce à nos yeux. Il n’y aurait que le principal, si « courageux » face à l’avalanche de déconvenues qui lui tombent dessus, qui pourrait surnager. Mais vu que toutes ses actions, parfois très discutables, ont un but purement égoïste… Bien qu’un peu exagéré, le tableau brossé par ce film reflète l’état de la société actuelle, entre désillusions et manque d’empathie, mensonges et égoïsme. La réalisation de ce long métrage n’est pas extraordinaire ; ce qui compte c’est son message et si le ton est à la comédie, il invite grandement à la réflexion, notamment sur la manière de conduire notre vie.

 

Conclusion

L’évolution des programmes concernant les courts métrages (plus de sélection hors compétition mais de nombreux programmes spéciaux) ont modifié un peu la manière d’appréhender le festival. Les choix proposés s’orientaient plus vers un style, une époque ou une catégorie de production. Etant plus orienté vers l’Asie, tout ce qui était consacré à la Chine plus les nombreux longs métrages et séances évènement pour le Japon et la Corée m’ont donc occupé. Je n’ai pas pu voir grand-chose d’autre mais ce je ne vais pas m’en plaindre vu la qualité proposée. Cette édition était donc pour moi une franche réussite et au vu de l’ambiance dans les salles, je ne fus pas le seul à apprécier. Malgré la chaleur, les festivaliers répondaient toujours présents, tandis que les invités semblaient eux-aussi ravis. Je vous donne donc rendez-vous donc l’année prochaine pour retrouver le plus beau des festivaux !

 

Palmarès

Longs-métrages en compétition

Cristal du long-métrage : Lou et l’île aux sirènes (Lu Over The Wall) de Masaaki Yuasa (Japon)

Prix du public : La Passion Van Gogh (Loving Vincent) de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (Pologne, Royaume-Uni)

Prix du jury : Dans un recoin de ce monde (In This Corner of the World) de Sunao Katabuchi (Japon)

Courts-métrages en compétition

Prix du public : Pépé le morse (Grandpa Walrus) de Lucrèce Andreae (France)

Mention du jury : L’ogre (The Ogre) de Laurène Braibant (France)

Prix Jean-Luc Xiberras de la première œuvre : Splendida Moarte Accident (The Blissful Accidental Death) de Sergiu Negulici (Roumanie)

Prix du jury : Kötü Kiz (Vilaine fille) de Ayce Kartal (France, Turquie)

Cristal du court métrage : Min Börda (The Burden) de Niki Lindroth Von Bahr (Suède)

Films de commande

Prix du jury : Are You Lost in the World Like Me ? (clip de Moby) de Steve Cutts (États-Unis, Royaume-Uni)

Cristal pour un film de commande : Material World de Anna Ginsburg (Royaume-Uni)

Films de télévision

Mention spéciale pour une série TV : Bojack Horseman « Fish Out Of Water » de Anaïs Caura (États-Unis)

Prix du jury pour une série TV : The Man-Woman Case « Wanted » de Anaïs Caura (États-Unis)

Cristal pour une production TV : Revolting Rhymes Part One de Jakob Schuh, Jan Lachauer et Bin-han To (Royaume-Uni)

Films de fin d’études

Mention du jury : Pas à pas de Charline Arnoux, Mylène Gapp, Léa Rubinstayn, Florian Heilig et Mélissa Roux venant de l’ESMA (France)

Prix du jury : Summer’s Puke is Winter’s Delight de Sawako Kabuki venant de l’Université des Beaux-Arts Tama (Japon)

Cristal du film de fin d’études : Sog de Jonatan Schwenk venant de l’Université d’Art et Design d’Offenbach (Allemagne)

Courts-métrages « Off-limits »

Prix du film « Off-limits » : Dix puissance moins quarante-trois seconde de FRANCIS (France)

 Prix spéciaux

Prix de la Ville d’Annecy : Maacher Jhol d’Abhishek Verma (Inde)

Prix André-Martin pour un long métrage français produit en 2016 : La Jeune Fille sans les Mains de Sébastien Laudenbach (France)

Mention spéciale André-Martin pour un court métrage français : Negative Space de Max Porter et Ru Kawahata (France)

Prix André-Martin pour un court métrage français : Nothing Happens d’Uri et Michelle Kranot (Danemark, France)

Prix “CANAL+ aide à la création” pour un court métrage : L’Ogre de Laurène Braibant

Prix Fondation Gan à la Diffusion : Petit Vampire de Joann Sfar (France)

Prix de la meilleure musique originale, avec le soutien de la SACEM, dans la catégorie courts métrages : Radio Dolores de Katariina Lillqvist (Finlande)

Prix FIPRESCI : Negative Space de Max Porter et Ru Kawahata (France)

Prix Jeune public : Hedgehog’s Home d’Eva Cvijanovic (Canada, Croatie)

Prix du jury junior pour un court métrage : Valley of the White Birds de Cloud Yang (Chine)

Prix du jury junior pour un film de fin d’études : What a Peaceful Day d’Eden (Kai-Hsun) Chan (Taïwan)

Prix Festivals Connexion – Région Auvergne-Rhône-Alpes / En partenariat avec Lumières Numériques & Pilon Cinéma : Nothing Happens d’Uri et Michelle Kranot (Danemark, France)

 

Résumé des longs métrages

 La Princesse à l’Eventail de fer

Lors de leur voyage vers l’Occident, le moine Xuan Zang et ses 3 compagnons, le bonze Sha Seng, le cochon Zhu Bajie et le singe Sun Wukong arrivent au pied du Mont des Flammes. Pour le traverser en toute sécurité, ils ont besoin d’un objet magique qui permettrait d’éteindre le feu dont il est recouvert. Mais celui-ci est entre les mains de la Princesse à l’Eventail de Fer (du nom de l’artéfact en question), femme du roi Buffle, qui refuse de le leur prêter.

 Rock Dog

De tout temps, les moutons ont été la cible des loups. Malgré tous leurs efforts, il était très difficile pour eux de se protéger de leurs prédateurs. Et un jour Il est apparu. Un grand chien, très fort et doté d’un pouvoir puissant, le PAW, a repoussé tous les loups et veillent depuis sur la tranquillité du village. Or le chien se fait vieux et il aimerait que son fils Body prenne la relève. Mais celui-ci préfère la musique depuis qu’il l’a découverte avec un poste de radio. Il souhaite avant tout descendre en ville pour rencontrer son idole Angus. Il persuade au bout d’un moment son père de le laisser partir. Mais il ne s’attendait pas à ce qu’il allait découvrir…

 Big Fish & Begonia

Chun est un être céleste vivant dans une dimension parallèle. Pour accomplir le rituel de passage à l’âge adulte, elle est envoyée avec tous les autres jeunes gens de 16 ans dans le monde des humains pendant 7 jours. Tout se passe bien mais lors de son retour vers la porte dimensionnelle, elle se retrouve bloquée dans un filet. Un humain, Kun, la voit et plonge pour la sauver. S’il réussit sa manœuvre, il perd également la vie en se noyant. Chun arrive à rentrer mais elle est très triste. Rejoint plus tard par son ami Qiu, elle tente de trouver un moyen pour ramener son sauveur à la vie.

Blame !

Souhaitant aidés leur village, 3 jeunes électro-pêcheurs partent en quête de nourriture dans un lieu reculé et dangereux. Malheureusement la source recherchée s’est tarie et ils sont attaqués par leur implacable ennemi, les Sauvegardes. Sur le point de tous se faire tuer, ils sont sauvés par un homme seul, qui élimine leurs poursuivants d’un seul coup avec son arme ultrapuissante. Dénommé Killy, celui-ci parcourt le monde à la recherche d’humains bien spéciaux. Les 2 survivants décident de le ramener à leur village où ce dernier leur proposera de les aider pour se ravitailler. Il mettra également à jour la dépouille encore active d’une scientifique, Cibo, qui leur proposera à son tour ses services…

Yamato

La Terre est menacée par un trou noir qui se déplace et sur la trajectoire duquel elle se trouve. N’ayant pas de moyen de le bloquer, il est décidé d’évacuer la planète en direction d’un astre qui pourrait accueillir l’humanité. Mais la 1ère flotte de migrants est attaquée et détruite par un mystérieux adversaire impitoyable. Or le commandant des vaisseaux d’escorte était la femme de Susumu Kodai, le capitaine du légendaire Yamato. Pensant avoir une chance de la retrouver et son navire ayant été entièrement reconstruit, il décide de reprendre du service. Il  espère pouvoir aussi se réconcilier avec sa fille Miyuki qui le rend responsable de la disparition de sa mère. Cependant le nouvel ennemi de la Terre possède des moyens énormes…

Dans un recoin de ce monde

Suzu est une jeune fille tête en l’air et un peu maladroite qui habite avec sa famille à Hiroshima. Douée pour le dessin et dotée d’une bonne imagination, elle est un peu insouciante et sa vie passe tranquillement entre l’école, ses amis et l’aide qu’elle apporte à ses parents pour son travail. Un jour, alors qu’elle a bien grandi, arrive un homme qui lui propose d’épouser son fils, qu’elle n’a jamais vu. Après quelques hésitations, la voici en route pour Kure où elle va rencontrer son mari et sa belle-famille. Elle commence une nouvelle vie tandis la guerre que le Japon mène prend une place de plus en plus importante dans le quotidien des habitants.

Lu over the Wall

Collégien très réservé, Kai est connu pour ses très bons arrangements sonores. Des camarades de classe, Yûho et Kunio tentent de le recruter pour monter un groupe de musique. Mais depuis qu’il a dû quitter Tokyo pour un petit village de pêcheurs, il n’a plus envie de rien. Un soir qu’il écoute de la musique, une étrange créature semble s’intéresser à lui. Après s’être laissé convaincre de faire une répétition sur l’île de la sirène, les 3 adolescents seront sauvés de braconniers par d’étranges phénomènes. Kai finira par rencontrer Lou, une vraie sirène, qui est attiré par la musique qu’il écoute (et aussi la nourriture). Il décide de la présenter à Yûho et Kunio car elle est douée pour la musique et le chant. Mais dans ce village où les légendes prêtent de nombreux maux aux sirènes, la découverte de Lou ne va pas sans poser des problèmes…

Ancient & the Magic Tablet

Depuis la mort de sa mère qu’elle n’a pas vraiment connue, Kokone vit seule avec son père qui est mécanicien. Alors que les voitures autopilotées sont en passe de devenir la norme, ce dernier reste focaliser sur les systèmes classiques. De son côté, l’adolescente est une lycéenne normale à part sa tendance à s’endormir un peu n’importe quand. Et dans ses rêves, elle est une princesse qui est opposé à son père. Roi de Heartland où la voiture est reine, ce denier craint le pouvoir de donner la vie aux choses de sa fille. Dans la réalité, le père de Kokone se fait arrêter par la Police à la demande de l’entreprise de son beau-père. Celui-ci cherche une tablette tactile, que l’adolescente trouve dans sa peluche, cachée ici par son père. Elle se rend compte alors que ses rêves et la réalité commencent à se confondre. Aidé par son ami Morio et une moto intelligente, elle va tenter de démêler le mystère de cette tablette « magique ».

A Silent Voice

Boute-en-train de sa classe de primaire, Shoya en fait s’ennuie et c’est pour cela qu’il se lance régulièrement des défis absurdes pour égayer sa vie. Un jour une nouvelle élève rejoint sa classe et c’est pour lui une bonne occasion. En effet Shoko est sourde et communique principalement avec un cahier. Elle devient dès lors la cible de Shoya, qui se met à la harceler jusqu’à ce qu’ils finissent par se battre. Dès lors, il est mis au ban de l’école et sa vie devient un calvaire. Toujours rejeté alors qu’il est au lycée, il décide d’aller voir Shoko pour s’excuser et de se suicider après. Mais tout ne se passe pas comme il l’avait imaginé…

Rudolph the Black Cat

Rudolph est un petit chat noir, adopté par une famille habitant dans un pavillon en pleine ville. La petite fille de la maison est contente de l’avoir mais lui est triste de ne pas pouvoir la suivre dehors. Un jour que le portail est entrouvert, il sort pour la retrouver mais finit dans un camion qui l’emmène dans une autre ville. Là, seul et perdu, Rudolph ne sait pas quoi faire. Puis il tombe sur un grand chat, solitaire, fort et respecté, qui va étonnamment le prendre sous son aile.

Lost in the Moonlight

Dans une immense horloge antique, un rat s’ennuie et décide de quitter son poste, ce qui bloque l’horloge. Dans son lit, une petite fille attend avec impatience le lendemain où elle va jouer dans une pièce de théâtre. Elle se laissera d’ailleurs emporter par son enthousiasme sur scène alors qu’elle ne joue qu’un… arbre. Vexée, elle se réfugie dans la remise où elle aperçoit le Rat, qui perd un objet. Elle le récupère et veut le lui rendre mais la voici transportée dans un autre monde. Attaquée par des monstres, elle ne doit sa survie qu’à l’intervention d’un jeune homme avant qu’un dragon ne l’emmène. Elle n’est cependant pas encore tirée d’affaires…

I’ll just live in Bando

Sa carrière d’acteur ne menant nulle part, JunKoo Oh travaille comme professeur à mi-temps subvenir aux besoins de sa famille et surtout remonter dans l’estime de sa femme. Un jour il apprend qu’il pourrait être embauché à plein temps et dans le même temps on lui propose un rôle dans un feuilleton. Pour plus de stabilité, il abandonne le rôle et se démène pour obtenir l’emploi d’enseignant, plus stable. Cependant, l’ancien professeur qu’il va remplacer risque d’être accusé d’agression sexuelle. De plus son fils cause un accident avec un ami. JunKoo va devoir courir de partout pour tenter de tout arranger, tandis son désir de redevenir acteur va de plus en plus le tourmenter.

 

Fabrice Docher – Asiexpo Association – Septembre 2017