Zatoichi contre Yojimbo de Kihachi Okamoto

Les Alien vs Predator et autres Freddy contre Jason n’ont rien inventé. Dès les années 60, les Japonais n’hésitèrent pas à organiser des rencontres au sommet de la popularité : Godzilla contre King Kong par exemple, mais le plus fameux est sans doute Zatoichi contre Yojimbo qui voit la rencontre de deux autres types de monstres sacrés du cinéma. Shintaro Katsu avec son personnage de masseur aveugle (récemment réinventé par Kitano) qu’il incarnera dans pas moins de vingt-six films, et Toshiro Mifune, La star du Japon de l’époque s’étant même offert le luxe d’une grande carrière internationale, qui ici reprend le rôle d’un personnage créé par Akira Kurosawa et qu’il avait incarné dans Yojimbo puis dans Sanjuro.
De ce personnage, il ne lui en est resté que la fonction de garde du corps. Son nom est passé de Sanjuro à Sassa, et sa personnalité est devenue froide et cynique bien que teintée d’humour. Il s’agit donc d’une simple machination commerciale afin d’attirer un public le plus large possible. Face à face de légende mis en scène par Kihachi Okamoto, toutes les conditions d’une éjaculation précoce étaient mises en place. Mais à la place du festin promis c’est une rapide débandade qui nous est offerte.
Se situant à huis-clos dans un petit village où s’opposent deux groupes de yakuza, l’histoire tourne en rond entre deux altercations et livre des personnages plutôt creux. Pour contrebalancer, le scénario jette de nombreux rebondissements sans grand intérêt et pas toujours crédibles. Okamoto qui a pourtant participé au scénario, semble peu intéressé par son film et signe une réalisation de strict minimum syndical.
Mais l’élément le plus déstabilisant reste Zatoichi lui-même, que Shintaro Katsu incarne en cabotinant et dont les mimiques maintes fois caricaturées sont des parodies en elles-mêmes. Finalement, le seul à s’en sortir avec les honneurs est Mifune qui semble beaucoup s’amuser à interpréter son personnage qui, même s’il manque de profondeur, ne manque pas d’attirer la sympathie et par sa seule présence confère au film un élan enthousiaste sans lequel il ne serait rien.

Acteurs : Shintaro Katsu, Ayako Wakao, Osamu Takizawa

Éditeur :

Pays : Japon

Guillaume Tauveron