Toujours plus à l’est de Benjamin Pelletier sort chez Picquier poche.

Ce récit de voyage raconte un séjour d’un an de son auteur en Corée du Sud. Son point d’attache est Malli-dong : une sorte de microcosme villageois sur une colline de Séoul, quartier populaire où les rues ont pris la forme des déambulations des habitant depuis des temps immémoriaux. Il contraste ainsi fortement avec la ville basse vaste, moderne, lumineuse, toute en lignes droites et qui, pour l’auteur, ressemble à toutes les capitales standardisées. Une poignée de personnes âgées : les halmeoni, attendant plus ou moins la mort, l’habitent. Et à peine mortes, un gratte-ciel prend leur place.

Curieux du monde, Benjamin Pelletier est venu enseigner le Français à Séoul par le biais de l’Alliance française. Il y rencontre des personnages hauts en couleur comme ce scénariste qui parle un français parfait sans être jamais venu en France, mais grand amoureux de ses vins ! Il découvre aussi la mentalité coréenne, toute en retenue et en impassibilité qui font de l’harmonie du visage une valeur fondamentale des habitants… Sauf lorsqu’ils sont ivres !

Notre voyageur curieux profite de son séjour pour échapper à la capitale et se fondre dans les villages traditionnels. Il y croise une mentalité beaucoup plus ouverte et moins stressée qu’en ville, qui se lie plus aisément au gré des visites dans les montagnes notamment. Dans ce vagabondage montagnard, le lyrisme peut prendre toute sa place et la méditation s’enclencher avec sérénité. Car c’est aussi à un voyage intérieur que s’adonne Benjamin Pelletier devenu alors citoyen du monde au contact des beautés de la nature. Peu importe la langue utilisée, c’est l’imprégnation du lieu, le ressenti qui comptent.

A l’image de ses rencontres, le style est délicat, plein d’un humour bienveillant. Il est en empathie avec ce monde qu’il découvre avec émerveillement. Il poursuit ainsi avec subtilité la voie tracée par Nicolas Bouvier dans L’usage du monde.

Belle découverte à partager !

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

Toujours plus à l’est, Benjamin Pelletier, éditions Philippe Picquier Poche ; 192 pages, mars 2018, 7.50€.