Taïwan, de nos jours, la jeune Lu Lin va quitter le lycée et faire ses études à Taïpei, loin des rivages humides de sa ville natale. Elle se laisse bercer par la mélodie de Kaze wo Atsumere (Récolte le vent), un morceau du groupe japonais Happy End. Mais un cauchemar la poursuit à la suite de la vue d’un adolescent triste au bord de la mer, qu’elle n’a pas eu le courage d’aborder.
Une fois dans la grande ville, elle sèche beaucoup les cours, tente de se remettre à l’écriture, mais se sent bloquée et elle se laisse aller à la mélancolie. Un de ces jours moroses, elle rencontre Nanjun qui lui offre une tarte au citron et la Ballade de l’impossible car elle lui fait penser au personnage de Midori Kobayashi du roman. Leurs noms s’écrivent pareil ! Et la scène se passe dans un bar, bibliothèque, salle de concert nommé Kafka by the sea qui ne déplairait pas à Haruki Murakami ! Tandis que Nanjun rappelle irrésistiblement à Lu, le personnage éponyme du dernier film d’Edward Yang : Yi Yi.
On l’aura compris, les 2 jeunes gens baignent dans la culture nipponne. Nanjun est musicien, sa mère est japonaise. Alors qu’ils deviennent « potes », Lu se rend bien compte qu’elle est en train de tomber amoureuse de lui, mais elle manque de courage, comme toujours, pour agir.
Les 2 tomes ainsi naviguent entre Taïwan et Tokyo, au gré de la musique pop, des concerts et des sentiments de Lu. Les références culturelles, musicales et les clins d’yeux à Murakami sont légions. La colocataire de Najun n’est autre que Bitter, une belle chatte noire…
Le dessin de Gao Yan, dont c’est le 1er manga, est très réaliste et percutant. Réalisées au trait précis, ses vignettes s’enrichissent d’un grisé qui leur donnent du relief. Les concerts et leur ambiance survoltée sont particulièrement bien rendus.
Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON
The Song about Green tomes 1 et 2, scénario et dessin de Gao Yan, 15 X 21 cm, 280 et 304 pages, broché, 14,50 €, éd. Casterman. En librairie le 19 08 2025.