SUICIDE ISLAND (JISATSUTOU) volume 1 de Kouji MORI

Le Japon ne voulant plus s’occuper des suicidaires récidivistes à cause du coût qu’ils engendrent, des dispositions ont été prises pour s’en débarrasser discrètement. Ainsi tous les individus concernés se voient effacer des registres d’état civil et exiler dans un endroit perdue surnommé « île du suicide ». C’est là que se réveille Sei, après avoir été hospitalisé suite à une nouvelle tentative de mettre fin à ses jours. Se retrouvant avec une vingtaine de personnes dans le même cas, il est perdu, ne sachant pas que faire. Alors qu’il est définitivement libre de faire ce qu’il veut et notamment de mourir, voir d’autres personnes arrivées avant lui se jeter d’une falaise sous ses yeux le paralyse. Finalement une bonne partie du groupe, mené par une paire de « leaders » improvisée part à la recherche d’eau pour boire et se met à réfléchir à quoi faire pour demain. Etrange situation pour ces jeunes gens qui ne pensaient avant qu’à la mort et qui doivent maintenant trouver comment faire pour vivre.

Avançant sur le propos très épineux du suicide, Kouji Mori montre à travers les yeux du « héros » un groupe de personnes tentant finalement de se reconstruire. Cherchant pour le moment avant tout à survivre, ceux qui ont décidé de tenter leur chance ne pensent plus à leur raison de vouloir en finir, qui sont à peine évoquer pour quelques-uns. Du fait de ce qu’ils doivent faire, le rythme est lent, et comme les personnages sont pour la plupart du style dépressif, l’ensemble n’est pas très joyeux. Certaines scènes peuvent ainsi donner carrément le cafard. Mais on suit petit à petit le cheminement des pensées de Sei qui s’interroge sur la vie, sur sa vie et la manière de la mener. Malgré le manque d’entrain et l’ambiance générale qui se dégage de l’histoire, on la suit jusqu’au bout et on attend de voir ce qu’il va suivre. Si la qualité de ce manga n’est pas exceptionnelle (dessin, décors, rythme), il y a un potentiel à exploiter qui peut malheureusement devenir aussi un écueil. Le 2ème volume nous confirmera si l’auteur a réussi à prendre le virage de ce qui est également une sévère critique sociale.

Éditeur : Kazé – Seinen

Pays : Japon

Fabrice Docher