Sélection de BO de cinéma indien

– MOTION PICTURE SONGS FROM INDIA

Uniquement disponible en cassette, cette compilation nous fait apprécier, entre autre, le mythique Mohamed Rafi et Lata Mangeshkar. La date des films n’est pas indiquée, mais à l’écoute de ces rengaines très colorées, il semble qu’elles sortent tout droit des années 60. Un régal pour les amateurs de délices kitsch, à un prix abordable.

Motion Picture Songs From India, Club du Disque Arabe, MOCE 4125.

– MANGALA FILLES DES INDES

Si vous aimez la musique indienne quand elle subit l’influence de l’Orient, ce disque est pour vous. Mangala, avec son univers de conte des mille et une nuits, nous emporte dans des danses lascives ou frénétiques. Entièrement dévolu à la chanson, l’album est fidèle aux productions de cette époque en Inde : joyeuses et insouciantes. L’orchestre met l’accent sur les percussions et les violons.
Les voix sont hautes chez les chanteuses et langoureuses pour les hommes. L’enregistrement n’est pas d’une très bonne qualité sonore, mais c’est un document pour comprendre comment l’industrie cinématographique indienne a mis un pied en Afrique. Avant Mangala, c’est l’Egypte qui fournissait les films musicaux en Orient. L’arrivée de l’Inde sur le marché marquera son hégémonie dans ce domaine.

Mangala Filles des Indes, Club du Disque Arabe, 1995.

– CITY OF JOY

Il existe deux disques pour ce film. Le premier est dû à Ennio Morricone. Essentiellement orchestral, il ne présente pas d’intérêt pour les amateurs de musiques indiennes. Le second, beaucoup moins commercial, est l’oeuvre de Richard Blackford.
Ce musicien anglais a descendu ses micros dans les rues de Calcutta afin de capter l’univers sonore de la ville. Il a fait venir dans le studio des chanteurs de rues et des musiciens religieux. La bande originale est constituée de musiques traditionnelles et de compositions de Blackford, qui s’est entièrement immergé dans son sujet. A l’encontre du film, ce disque est une belle réussite et un hommage à la culture bengali.

City of Joy, Audiorec Classics, 1992.

– KAMA SUTRA A Tale of Love.

La musique du film de Mira Nair est due au compositeur attitré de Atom Egoyan (Exotica), Michael Danna. Spécialiste du synthé, il a gardé un son moderne pour une histoire qui se déroule pourtant au XVIe siècle. Le métissage des instruments occidentaux et indiens est plutôt réussi. Il faut dire qu’il est bien épaulé par deux grandes figures de la musique locale : Ustad Vilayat H. Kan au sitar et L. Subramaniam au violon (ce dernier avait déjà composé le score de Salaam Bombay). Morceaux orchestraux ou chants, l’album dégage une indéniable sensualité et offre une variété d’ambiances et de styles. Le livret couleur propose des photos de deux déesses du film : Indira Varma et Sarita Choudhury.

Kama Sutra, TVT Sountrax, 1997.

– NAJMA, FORBIDDEN KISS

La jeune chanteuse Najma Akhtar rend hommage à l’un des compositeurs indiens les plus célèbres : S.D. Burman. celui-ci est considéré aujourd’hui comme l’équivalent de Irving Berlin ou Georges Gershwin. Burman a été un des meilleurs représentants de la musique bengali. On peut apprécier son travail sur les films du cinéaste culte, Guru Dutt (L’Assoiffé, Fleurs de Papier).
D’une grande disponibilité artistique, S.D. Burman, a réussi à moderniser la musique de film indienne, par l’introduction de la pop musique, sans trahir ses racines et son héritage. Pour les dix titres de l’album, Najma est accompagné par trois musiciens occidentaux.
Cris Rael a réécrit les arrangements et inclus à l’orchestre traditionnel de nombreux instruments tels que batterie, synthétiseur, saxophone, … le résultat est jubilatoire, les compositions du maestro indien retrouvent une nouvelle jeunesse. C’est mélodieux sans être mièvre et la voix de Najma Akhtar agit comme un charme.

Najma Forbidden Kiss, The Music of S.D. Burman, Sanachie, 1996.

– GENESIS

L’histoire d’un cultivateur et d’un tisserand, qui vivent en autarcie dans une ville en ruine. Ils échangent le produit de leur labeur à un marchand. Une femme, interprétée par la belle Shabana Azmi, survient et leur ouvre les yeux sur leur condition.
Elle les pousse à vendre leur travail. Une compétition naît entre eux pour produire et posséder plus, et se faire remarquer de la femme… ce drame, inspiré de la genèse fut tourné en 1986 par Mrinal Sen et c’est le célèbre Ravi Shankar qui signe la musique. De renommée internationale, le joueur de sitar a déjà travaillé pour le cinéma avec Satyajit Ray (Le Monde d’Apu, la Complainte du Sentier) et Richard Attenborough (Gandhi). Un très beau score où Ravi Shankar entraîne l’auditeur dans une Inde fantôme et contemplative.

Genesis, Milan Asia, 1986.

– BALLY SAGOO

Aujourd’hui la musique indienne est à la mode. A la pointe de ce qui se fait de mieux… en matière de Dance ! Les chaudes mélopées des actrices ont été remixées et couplées avec des boîtes à rythmes et synthé. A Birmingham, les clubs ne jurent que par Bally Sagoo. Son père tient une boutique de disques dans un quartier populaire de Londres où il eut tout loisir de s’imprégner de sa culture d’origine (il avait six mois quand ses parents ont émigré). Le jeune Sagoo est une star, ses clips passent sur MTV et il a vendu 15 millions de disques en Inde ! Il a réussi à marier la sensualité de la musique indienne et le groove occidental. Un artiste à découvrir d’urgence.

Rising From The East, Bally Sagoo, Sony Music, 1996.

– LE MAHABHARATA

Le plus grand livre du monde (15 000 strophes) a été mis en scène au théâtre Peter Brook et Jean-Claude Carrière. Ils l’ont condensé pour en faire un film de 171 minutes. La musique du film fut confiée à un groupe de musiciens internationaux. Tous sont des joueurs inspirés mais de culture différente. Un japonais, un français, un turc, un danois, un iranien et la chanteuse indienne Sarmila Roy. Leur but était de retrouver l’inspiration musicale de l’humanité, en particulier de l’Inde et du Tibet, à partir de l’improvisation. Aucune note ne sera écrite, mais il faudra tout de même 5 ans pour mettre cet album au point. Profondément spirituelle la musiquedu Mahabharata représente un bel exemple de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la “World Music”. Le disque a été produit par Peter Gabriel.

The Mahabharata Original Soundtrack, Real World, 1990.

– A.R. RAHMAN Vande Mataram.

A.R. Rahman, le King des bandes originales de films indiens arrive en Occident avec un superbe album. Ce jeune auteur compositeur-interprète a vendu 40 millions de disques en 5 ans et son statut de star lui vaut d’avoir été choisi pour écrire et interpréter l’hymne officiel du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Inde : “Maa Tujhe Salaam” (Mère, je vous salue) et le premier single extrait de l’album “Vande Mataram”. Le style Rahman marie avec bonheur les influences pop-rock et carnatiques. Les coeurs sont aériens et les orchestrations très sophistiquées. les mélodies amples soutiennent sa voix chaleureuse et le tout fonctionne à merveille. Un album envoûtant. A.R. Rahman, de part son talent devrait rencontrer un large public.

Vande Mataram, A.R. Rahman, Sony Music, 1997.

– BRIAN BOYDEL

Ce disque n’est pas de la musique indienne, mais l’hommage d’un compositeur Irlandais à une grande figure de l’Inde. En 1948, Brian Boydel est surpris par l’assassinat de Gandhi et décide immédiatement d’écrire une oeuvre en sa mémoire : “In Memorium Mahatma Gandhi”. Ce morceau de 11 minutes débute par un prélude, suivi d’une marche funèbre. Le climat dramatique monte doucement, dans un mélange de rage et de désespoir pour finir par la paix retrouvée. On peut entendre aussi un concerto pour violon et des danses rituelles. Interprété par l’Orchestre National d’Irlande sous la baguette de Colman Pearce. Superbe travail édité à l’occasion des 80 ans de Brian Boydel… à redécouvrir.

Irish Composer Series Brian Boydel, DDD Marco Polo, 1997.

Pays : Inde

Pascal Surleau