Sa grand-mère avait les pieds bandés : elle en fait un documentaire. Interview de Joanne Cheng

Joanne Cheng a travaillé comme journaliste à la China Central Television avant de partir aux Etats-Unis en 1988 où elle a occupé les fonctions de journaliste d’investigation et de consultante en relations publiques pour un réseau de chaînes de télévision dont ABC ou MTV Asia.
C’est en 2000 qu’elle démarre sa trilogie documentaire dont le dernier volet, Golden Lotus, legacy of bound feet présenté au dernier festival cinémas & cultures d’Asie de Lyon, raconte l’histoire de ces chinoises, contraintes par les critères de beauté de l’époque de se bander les pieds pour qu’ils soient les plus petits et les plus beaux possible. Cette tradition ancestrale, abandonnée en 1920 est un sujet extrêmement tabou et en mémoire de sa grand-mère, Joanne Cheng a réalisé un documentaire indépendant et autoproduit.


Parlez nous de votre projet de film Phoenix Diary
C’est mon premier long métrage de fiction : il raconte mon expérience de chinoise expatriée à New York. Mais en fait, je travaille en même temps sur un autre projet, celui-ci en Chine. Je vis aux Etats-Unis depuis plusieurs années et je souhaite être l’ambassadrice de cette double culture et de l’ouverture des esprits. Je souhaite aussi devenir le porte-parole des femmes, des enfants et de tous les paradoxes qui peuvent exister entre l’Orient et l’Occident le passé, le présent, l’obsolescence, la modernité, les relations hommes/femmes, bref, tout ce qui est extrême.

La France a-t-elle une place dans votre inspiration artistique ?
C’est la première fois que je viens en France, j’adore votre culture. Notamment les impressionnistes et des réalisateurs comme Bunuel ou Louis Malle ; je m’intéresse aussi beaucoup au romantisme et à la sensibilité culturelle française.

Propos recueillis par Julien Glandut dans le cadre du 12e Festival Cinémas & Cultures d’Asie de Lyon (novembre 2006).
Copyright Photos de Nicolas Dartiailh.

Pays : Chine

Julien Glandut