Portrait de Tony Jaa, le nouveau Dragon

Tony JAA naît le 5 février 1975 dans la Province thaïlandaise de Surin, au Nord-Est du pays.
De son vrai nom Worawit YEERUM, il avait déjà changé une première fois son prénom en “Panom” après un rêve prémonitoire de son père.
Troisième enfant d’une famille de quatre – il a une sœur et deux frères – ses parents cultivent le riz et élèvent des éléphants – détail qui constitue la prémisse de son futur second film “Tom Yum Goong”.
Dès son plus jeune âge, Tony est fasciné par les arts martiaux. Outre les films de Bruce Lee ou Jackie Chan, ce sera “Yerd Ma Luv” (1982)* de Panna RITTHIKRAI qui sera la révélation pour le jeune garçon. Il demande à son père – pratiquant le muay thaï (art de combat thaïlandais) à ses heures perdues – de lui enseigner les bases de cet art martial. L’enfant va dès lors passer la plupart de son temps libre à s’entraîner.

Actuellement au seuil d’une exploitation mondiale, le film est d’ores et déjà garanti de devenir un succès en raison du fabuleux buzz entourant sa sortie attendue.
Parmi ses projets futurs, JAA a exprimé sa forte volonté de vouloir collaborer avec ses idoles de jeunesse, Jet LI ou Jackie CHAN. Il n’exclut pas l’idée de tourner un film américain, si le scénario est intéressant et s’il a une entière liberté artistique. L’accord conclu avec Luc Besson à l’achat du premier “Ong Bak” prévoyait deux autres films à sortir sous l’égide du producteur français – peut-être le début d’un projet européen ?
Des rumeurs parlent également d’une importante co-production entre le Japon, les Etats-Unis et la Chine d’un guerrier faisant le tour du monde pour se former respectivement aux arts de shaolin, du ninja et du tækwondo.
Plus sûrs paraissent les ambitieux projets : “Sword” réalisé par Prachya PINKAEW et Somsak TECHARATANAPRASERT qui sortira en 2007 et “Hanuman” de Raichan LIMTRAKUL (“Killer Tatoo”). Le premier ferait appel aux connaissances de JAA en matière de maniement des épées (plusieurs fois médaillé dans des concours locaux) et retracerait la fabuleuse épopée du roi Naresuan (1555-1605). Un rôle parfait pour étoffer la gamme de jeu du jeune acteur. Le second serait l’adaptation de la populaire légende du Dieu indien Rama (également repris par la mythologie thaïe) prévue pour 2009.

Surtout relevé pour ses incroyables performances martiales, ses aptitudes gymnastiques et sa maîtrise unique de certains arts de combat, JAA doit désormais concentrer ses efforts sur son jeu d’acteur pour pouvoir pleinement convaincre. Conscient de cette faiblesse, il a savamment géré sa carrière en s’effaçant au profit de son populaire side-kick Petchtai WONGKAMLAO dans les moments dramatiques. Ses progrès sont néanmoins parfaitement visibles entre sa présence à l’écran de son premier “Ong Bak” et de son second “Tom Yum Goong”, lui réservant quelques moments clés de pure émotion.
Son parti pris de mettre en avant certains aspects de la culture thaïlandaise lui permet de se distinguer de ses illustres prédécesseurs hongkongais/chinois et de forger sa propre identité culturelle.
Le seul défi sera de s’entourer de collaborateurs capables de faire évoluer son personnage dans le temps et non pas de l’enfermer dans un carcan purement commercial pour tirer le meilleur profit de ses seuls talents martiaux. Alors que “Tom Yum Goong” n’est – justement – qu’une relative resucée de sa précédente réussite, les projets “Sword” et “Hanuman” affichent des objectifs autrement plus ambitieux.
En revanche, il est indéniable qu’en l’espace de seulement deux films, Tony JAA aura passablement marqué de son empreinte l’Histoire du cinéma d’action et de son pays. Quel meilleur compliment que les dires d’un chorégraphe chevronné de la pointure d’un Donnie YEN, qui dit s’être inspiré de “Ong Bak” pour ses propres chorégraphies sur le tournage de l’excellent “SPL” ?

* RITTHIKRAI signera son propre remake en 2004 (sorti en France en 2005) sous le titre “Born to fight”.
** quelques-unes de ses éprouvantes séances de travail apparaissent dans les bonus du DVD français de “Ong Bak”.

01/2006

Pays : Thaïlande

Bastian Meiresonne