Nippon Experimental de Divers

7 courts métrages étonnants, innovants ou dérangeants.

LA PLAGE A DISTANCE
de Nakagawa Kunihiko (Japon, 1977, 15’, noir et blanc, son)
Comme une œuvre inspire un film, comme les romans nourrissent le cinéma, ce film est issu d’un texte d’Alain Robbe-Grillet intitulé La plage.
Mais le titre indique une variation importante : la plage, certes mais à distance. Les images ne correspondent jamais à celles que le lecteur met en place, l’expérience diffère de celle de la lecture et nous montre l’importance de l’appropriation par une subjectivité.

XEROPHILIE
de Morishita Akihiko (Japon, 1985, 11’, couleur, sil)
Ce film est construit autour de toutes les sources d’images que notre société produit et met à notre disposition, voire même nous gave ( programmes de télévision, films traditionnels…). La pluralité de ces images, souvent auto-référentielles, sert de base à une critique de la société des média et met en évidence l’absence de discours, la banalité des messages face à la sur-quantité.

AIUEONN 6 FEATURES
de Iimura Takahiko (Japon, 1993, 6’, couleur, son)
Comment prononcer correctement les voyelles japonaises ?
A travers 6 façons différentes d’organiser la prononciation, le réalisateur compose une leçon sur le langage, à la fois amusante et absurde. Les images (représentation des lettres) sont d’abord synchronisées avec la voix puis se dissocient du son. La représentation graphique est permutée avec l’événement sonore qui lui est normalement associé. Les images ont été traitées par informatique : du morphing en trois dimensions.

APPARATUS “M”
de Ito Takashi (Japon, 1996, 6’, couleur, sil)
Ito nous avait habitués à son univers inventif et inquiétant avec Zone. Il ne déroge pas avec ce film. Se maquiller, se déguiser, se transformer en… Marylin Monroe.

ENTOMOLOGIST
de Ota Yo (Japon, 1995, 7’30”, couleur, son)
Basé sur le travail de l’artiste Kobayashi Kazui, cette oeuvre nous donne à voir les différents moments de la création en Origami. Le mouvement est au centre de cet univers, l’interrogation sur la vitesse “normale” d’un film. Dans l’atelier cohabitent une chouette en cage, le monde extérieur vu par le biais d’une fenêtre et l’artiste au travail. Chaque élément est filmé à une vitesse différente : la chouette à 24 images seconde, les nuages en accéléré et l’artiste de façon aléatoire. Les différentes réalités temporelles coexistent dans un même espace.

DISTORTED “TELE” VISION
de Ota Yo (Japon, 1997, 10’, couleur, son)
Ce film se compose de six scènes qui possèdent chacune une télévision dans le paysage. “Distorted vision” signifie astigmatisme, la vue des paysages est troublée par la présence de l’écran pour regarder au loin (à distance, la télé vision). Ce film interroge le principe de la vision.

DISTORTED MOVI SION
de Ota Yo (Japon, 1998, 8’, couleur, son)
“L’homme ne voit pas le monde à travers les yeux mais avec le cerveau”
Ce film peut montrer une nouvelle vision, à condition que le cinéma soit aussi une sorte d’expérience visuelle et de connaissance visuelle. Il fait suite à l’interrogation sur le temps et la vision inaugurée dans les autres travaux de Ota dont Distorted tele vision.

Date de sortie internationale : 2002

Pays : Japon