Miya, une nouvelle mangaka française

Le petit monde des mangakas français accueille une nouvelle venue, Miya, et le premier volume de son premier manga : Vis-à-Vis. Alors qu’elle rentre tout juste d’Angoulême où elle a lancé officiellement son manga, cette lyonnaise a trouvé le temps de répondre à quelques questions pour Asiexpo.

Comment est né le projet Vis-à-Vis ?
J’ai contacté les éditeurs car ils ne sont pas venus me chercher !
J’ai mailé à Pika Edition un projet autre que Vis-à-Vis. Le lendemain, j’avais une réponse de la part de Pierre Valls, directeur de collection chez Pika Edition, me demandant si une rencontre était possible. Le salon du livre de Montreuil approchant, nous avons choisi cette date pour que je puisse lui montrer mes travaux et ce projet. Il a été intéressé par les dessins, mais le style heroic fantasy de l’histoire ne lui convenait pas. En discutant, nous nous sommes mis d’accord pour partir sur une base contemporaine, une histoire de jeunes en France. J’ai commencé à travailler sur de nouveaux scénarios avec sa collaboration, ça a pris plusieurs mois… Ainsi est né Vis-à-Vis.

Pourquoi un shojo ?
Les shojo manga sont ma lecture préférée, tout simplement ! Je suis une dévoreuse de shojo, je trouve le graphisme élégant et l’expression des sentiments souvent bien retransmise… hum, et je crois que j’aime les beaux garçons dessinés dans les shojo ! C’est un peu le côté prince charmant sûrement !

Comment as-tu choisi le lieu et l’époque de l’histoire ?
Ca a été assez simple, mon éditeur me l’a suggéré dès la première rencontre : des jeunes en France à notre époque. Si j’ai choisi Paris, c’est en rapport avec l’histoire. L’héroïne va évoluer dans le monde de la mode et Paris s’est imposé naturellement. En plus de ça, j’aime retranscrire l’ambiance de la ville, le côté intime des arrière-cours.

Depuis quand souhaites-tu faire un manga ? Ou manfra ? D’ailleurs quel terme préfères-tu ?
Je n’ai pas de préférence, chacun dit comme il lui plaît. Il y a du manga, du manwha, pourquoi pas du manfra ! On dit de moi que je suis mangaka… alors je suis honorée ! Pour moi, le terme mangaka a toujours été employé pour mes idoles (rires) !
J’ai commencé à dessiner du manga à l’âge de 13 ans, inconsciemment je devais vouloir faire ça. Vers 16 ans j’ai créé un fanzine afin de montrer mes manga au public et rencontrer d’autres fans. Après le Bac, j’étais certaine de ma vocation, j’ai donc fait une école d’art et j’ai découvert d’autres techniques qui m’ont plu. Une fois diplômée, je pensais me lancer dans la BD “format européen”, mais j’ai vu que Reno (Dreamland) était édité … je n’ai pas pu résister à l’envie de dessiner du manga !

Combien de tomes as-tu prévus pour ton histoire et à quel rythme sortiront-ils ?
Rien n’est fixé, c’est selon l’envie. Au minimum trois tomes… Question parution, là aussi rien n’est défini, mais un rythme de deux manga par an me conviendrait tout à fait… seul l’avenir le dira !

Quels sont les délais imposés par Pika ? Comment se passe la validation du scénario et des planches ?
J’ai un rythme de 20 planches par mois minimum, ce qui est déjà assez intensif. Pour la validation des planches, je montre le storyboard à mon éditeur et il me dit si c’est ok. Ensuite, il me laisse gérer, il lit les planches au fur et à mesure, si quelque chose ne lui convient pas, il me le fait savoir.

As-tu des contacts avec d’autres auteurs français de Pika ou d’autres éditeurs ?
Je m’entends très bien avec Reno et Moonkey, édités chez Pika. Nous avons chacun notre style dans le dessin comme dans la vie. Sinon, je n’ai pas encore eu l’occasion de côtoyer d’autres mangakas français.

D’où vient ton nom de plume ?
Lorsque j’ai créé mon fanzine à 16 ans, j’ai pris un pseudo parce que c’était la “tendance” sur le net. J’en voulais un qui se rapproche de Miaka, un personnage de Fushigi Yugi que j’adorais lire. Comme l’édition est pour moi la continuité du fanzinat, c’est tout naturellement que j’ai conservé mon pseudo afin de ne pas oublier cette merveilleuse expérience ! Par la suite j’ai découvert que le kanji Miya pouvait signifier palais ou temple…

As-tu d’autres projets ?
Toujours ! Mais ce sera pour plus tard, j’essaye de ne pas trop les multiplier au risque de ne pas pouvoir répondre à toutes les demandes. Comme vous l’avez constaté, le rythme est assez soutenu, donc pour l’instant cap sur Vis-à-Vis 2 et 3 ! Le reste viendra plus tard …

N’hésitez pas à visiter le site internet de Miya ou le site Pika, son éditeur

Interview réalisée par Fabrice Docher
février 2008

Pays : France

Fabrice Docher