LES TROIS ROYAUMES de John Woo

L’épopée des trois royaumes est un roman historique chinois écrit par Luo Guanzhong au XIVe siècle (d’après des chroniques remontant au IIIe siècle) et retraçant la fin de la dynastie Han et la période dite des trois royaumes (220-265). Cette fresque historique, extrêmement populaire en Chine, a connu dans toute l’Asie un succès important, étant reprise et réinterprétée maintes et maintes fois. Au Japon, par exemple, le romancier Eiji Yoshikawa en a donné sa propre version, qui a elle-même inspiré le mangaka Mitsuteru Yokoyama. Le manga de Yokoyama comporte pas moins de soixante volumes ! Pas étonnant, donc, que l’adaptation de John Woo, dans sa version longue, dure plus de quatre heures trente. La plupart des étoiles du cinéma chinois et hong-kongais sont au rendez-vous, et le premier adjectif qui vient à l’esprit est indéniablement le suivant : “spectaculaire”. Les moyens déployés tant pour rendre l’atmosphère et la violence des combats que pour dépeindre le raffinement de cette époque, sont en effet considérables. John Woo se focalise avant tout sur la célèbre bataille de la “Falaise rouge”, qui opposa l’immense armée de Cao Cao, venue du nord, aux forces alliées mais nettement inférieures en nombre de Liu Bei et Sun Quan (au sud-est). C’est grâce à l’héroïsme et à la bravoure de plusieurs guerriers, mais aussi au courage de femmes intrépides et surtout aux conseils avisés de Kongming, fin stratège, que Cao Cao et sa flotte sont finalement vaincus, au terme d’un affrontement devenu légendaire.

Certes, la plus grande part du film nous plonge au coeur des batailles, mais il est amusant de voir ces guerriers s’adonner, entre deux combats, à la poésie ou la musique, maniant le pinceau et les instruments avec autant de virtuosité que les armes. Si d’un point de vue historique ce film à grand spectacle est forcément un peu réducteur, John Woo a tout de même réussi son pari en parvenant à adapter une partie de cette fresque colossale.
Yann Leblanc

Éditeur : Metropolitan Filmexport

Pays : Chine

Yann Leblanc