LES DERNIERS SAMOURAIS de Kenji Misumi

A la fin du 19e siècle, le Japon, divisé entre les partisans du shogunat et ceux de l’empereur, est à un tournant de son histoire. Sugi, samouraï dont le maître est espion shogunal, souhaite prendre part à la lutte, tandis que son mentor lui demande de rester à l’écart afin de transmettre l’esprit de la chevalerie dans la nouvelle époque à venir.

Kenji Misumi est connu pour avoir réalisé un grand nombre d’épisodes des séries “Zatoichi” et “Baby Cart”. C’est dire s’il est un spécialiste du chambara (film de sabre japonais). Avec “Les derniers samouraïs”, son film testament, il démontre tout son talent et nous fait voyager à travers cette période trouble et décisive de l’histoire japonaise, en suivant plusieurs personnages aux statuts, aux destinées et aux idéaux différents, qui se croisent tout au long du métrage. Ces différents points de vue permettent une vision globale de la situation politique, de ses enjeux, et la reconstitution historique n’est pas le moindre des attraits du film. Mais si l’étude de cette transition des mentalités et du système en fait une grande fresque historique, c’est aussi une fresque humaine, la cohérence narrative permettant de s’identifier totalement aux différents protagonistes au fil des années. Autre grand plaisir du film, il réunit les figures imposées du chambara, qui font le charme de ce genre : le samouraï solitaire, le code d’honneur de la chevalerie, la relation maître/élève, les différentes écoles de sabre… et bien sûr les combats au sabre ! A ce titre, le choix de les filmer en plan large, loin du sur-découpage auquel on peut avoir droit ces derniers temps, met en avant la noblesse et la puissance de cet art. “Les derniers samouraïs” est un grand spectacle, à la fois instructif et émouvant, et sûrement plus crédible et sincère que “Le dernier samouraï” américain, qui traitait de la même époque.

Éditeur : Wild side Video

Pays : Japon

Benjamin Leroy