LA TOUR AU DELA DES NUAGES (KUMO NO MOKOU, YAKUSOKU NO BASHO) de Makoto SHINKAI

Depuis la fin de la 2nde guerre mondiale, le Japon est coupé un deux, Hokkaido étant annexé par l’Union et rebaptisé Ezo ; sur cette terre a été construite une immense tour dont tout le monde ignore la fonction ; deux collégiens, Hiroki et Takuya, veulent la voir de plus près ; ayant récupéré un drone de l’armée, ils le transforment secrètement en avion, achetant des pièces détachées dans un atelier où ils travaillent pendant leurs vacances ; un jour, Hiroki parle de leur avion à Sayuri, une amie de leur classe dont les 2 garçons sont amoureux ; alors qu’elle découvre leur œuvre, ils se font la promesse d’aller tous ensemble voir la tour. Mais un jour, Sayuri disparaît soudainement et ce choc fait arrêter leur projet à Hiroki et Takuya ; la jeune fille est en fait partie dans un hôpital à Tokyo car elle fait depuis quelque temps d’étranges rêves sur la fameuse tour, la faisant dormir de plus en plus longtemps.

Makoto Shinkai est ce que l’on peut appeler un artisan de l’animation ; travaillant seul, s’occupant de tout même de la musique, il réalise ce qu’il veut, comme il l’entend ; n’ayant créé jusque là principalement que de très courtes vidéos, à part Hoshi no Koe qui durait 25mn, il a néanmoins impressionné le monde de l’animation par la qualité de son travail ; quand il se lance dans son premier long métrage (dont il est question ici), même s’il s’entoure d’une équipe, il garde la même sensibilité ; c’est ce que lui vaudra une très grande renommé chez les amateurs d’animation japonaise ; nous pouvons remercier Pathé d’éditer ce titre chez nous et faire ainsi découvrir à tous ce très grand réalisateur.
Quel plaisir de découvrir une œuvre de Makoto Shinkai en France en dehors des festivals ; même en vidéo, la qualité de l’animation et des décors, le travail sur la lumière sont très bien rendus et prouvent le talent du réalisateur ; on pourrait reprocher à ce film la simplicité du chara-design des héros ou sa 2nde partie peut-être pas assez développée, cela n’enlève rien aux émotions que l’on ressent en le regardant ; l’histoire est bien construite malgré tous les flash-back, les sentiments sont clairs, les dialogues justes ; cette parabole sur l’amour et la solitude, lorgnant sur la Belle au Bois Dormant, est une œuvre magnifique et fraîche, à recommander à tout le monde ; espérons qu’elle est un 1er pas vers l’arrivée des œuvres du réalisateur en France. En bonus, nous avons des interviews des 3 « voix » des héros et de Makoto Shinkai.

Éditeur : Pathé

Pays : Japon

Fabrice Docher