Le label grand public Verso des éditions du Seuil entend promouvoir, depuis 2 ans, la littérature de genre. Avec La dame aux plantes de la Coréenne Minyoung Kang, il inaugure le thriller olfactif et féministe .
En effet, pour l’anecdote, le roman est illustré de 6 dessins à l’encre odorante pour une immersion totale dans Plantes, boutique. Situé dans Dosan, un quartier peu commerçant de Seijin, le magasin qu’a conçu Yuhui, est « une oasis de verdure fièrement dressée au sein d’un vaste désert ». Au fil des saisons, la jeune trentenaire prend soin des plantes, les dorlote, les rempote, à l’écoute de leur moindre besoin. Il s’en dégage une harmonie et une énergie telles que le lieu devient une star des réseaux sociaux et un passage obligé pour quiconque passe par Seijin.
Ainsi Yuhui prodigue conseils et astuces durant la journée. Mais elle a une autre activité la nuit qui lui prend aussi beaucoup d’énergie. En effet, depuis son adolescence elle a rencontré des hommes indélicats et s’en est débarassé grâce à la pelle qui fait office de sentinelle dans sa boutique. Alors lorsque des femmes viennent la voir et lui confient leur détresse, elle éprouve forcément une grande empathie envers elles et les débarasse du tortionnaire en question. Ainsi les auteurs de maltraitance, racisme, harcèlement et autres produits du sexisme et du patriarcat font un excellent engrais !
Mais le jeune inspecteur de police Dogyeong a l’intuition que la belle et mystérieuse, pour ne pas dire envoûtante, Yuhui n’est pas étrangère à ces disparitions récentes. Il devient un habitué de Plantes, boutique.
En 6 chapitres enlevés au doux nom de végétaux, Minyoung Kang règle leur compte aux hommes violents qui font du mal aux femmes. Avec un humour pince sans rire, elle trace des parallèles entre le monde végétal et l’histoire des personnages, démonte les mécanismes de l’emprise et fait de Yuhui une redresseuse de torts radicale. La femme victime laisse place à la résilience.
Et c’est jouissif !
Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON
La dame aux plantes de Minyoung Kang, roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Kyungran Choi, 224 pages, 19,90 €, label Verso, éd. Seuil. En librairie le 6 novembre 2026.

