L’orphelin d’Anyang de Wang Chao

Si vous ne connaissez du cinéma chinois que Zhang Yimou et Chen Kaige, voici un film qui vous ouvrira de nouveaux horizons ! L’Orphelin d’Anyang est un film sans combats dans les airs, sans costumes flamboyants, sans armes légendaires… Il montre la Chine telle qu’elle est en marge de la Grande Muraille et du temple Shaolin. Avec sa pauvreté et ses problèmes de société mais sans verser dans le pathos. Wang Chao – qui appartient à la même génération que Jia Zhang Ke, également très porté sur ses concitoyens et leurs difficultés – nous raconte l’histoire d’un quadragénaire récemment licencié qui accepte de prendre en nourrice un nouveau-né pour survivre. A moins que ce ne soit l’histoire d’une jeune prostituée contrainte de confier son bébé à un inconnu pour continuer à travailler.

Toujours est-il que par ce film sobre le cinéaste emporte le spectateur au cœur d’un quotidien que partagent de nombreux Chinois, un quotidien bien loin des contes fantastiques auxquels notre imaginaire associe l’Empire du Milieu. Le réalisateur explique d’ailleurs très bien sa position dans le film proposé en bonus, accompagné de son producteur et des acteurs. Sans pleurnicher et loin de tout misérabilisme, Wang Chao signe une œuvre aboutie marquée par une lumière crue et un regard sans concessions sur ce que traverse toute une partie de la société chinoise. Ceux qui ont déjà marché dans une rue chinoise se sentiront catapultés là-bas, seule l’odeur manque à L’Orphelin d’Anyang tant son ton est juste …

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Pays : Divers

L’orphelin d’Anyang de Wang Chao

Yu Dagang vient d’être licencié d’une usine de chaufferie à Anyang. Sans le sou, son chemin va croiser celui d’une prostituée et de son enfant. Et comme la Providence veille, il retrouve un boulot et rencontre l’amour. Ce qui n’est pas du tout du goût du père de l’enfant, un gangster notoire.
Ceux qui ont vu en salles “L’Orphelin d’Anyang”, retrouveront l’atmosphère du film dans ce roman éponyme de Wang Chao. A l’image du film l’intrigue du livre, simplissime et peu bavarde va à l’essentiel. Tout est dit dans le non-dit, comme dans cette belle scène où les deux protagonistes mangent en silence un bol de nouilles. Bol de nouilles qui rythmera d’ailleurs chaque moment important de cette histoire.

Petite fable pessimiste de la Chine contemporaine, cet orphelin ne demande qu’à être adopté par nos lecteurs.
Bleu de Chine, jeune maison d’édition, est née d’une passion. En 1994, Geneviève Imbot-Bichet lasse de traduire pour les autres, se lance dans l’édition. A raison de 7 ou 8 titres publiés par an, Bleu de Chine, nous donne à connaître les multiples couleurs de la littérature chinoise : romans féminins, témoignages, biographies, contes et nouvelles, minorités, … En janvier 2002, elle crée une collection de livres de poche “Chine en poche” dont fait partie “L’Orphelin d’Anyang”.

Éditeur : Bleu de Chine

Pays : Divers

Jean-Pierre Gimenez