King Hu (Hu Jinquan) 1931-1997

Ce maître du cinéma asiatique a, malheureusement, toujours été très peu distribué en France.
Hormis ses deux chefs-d’œuvre, “A Touch of zen” (1970, 1971) et “Raining in the mountain” (1979), presque tous ses autres films restent scandaleusement inédits chez nous. Heureusement, à l’heure d’internet et du DVD, nous commençons à pouvoir (re)découvrir ces perles rares !

Filmographie :
Quelques films en tant qu’acteur, puis :
1963 : The love eterne (co-réalisateur)
1964 : The story of Sue Sen (directeur exécutif)
1965 : Sons of good earth, K7 disponible en anglais.
1966 : Come drink with me (premier film d’arts martiaux) K7 Disponible en anglais (rare)
1967 : Dragon Gate Inn
1970 : A Touch of zen (1ère partie)
1970 : Anger (2ème épisode)
1971 : A Touch of zen (2ème partie) K7 éditée chez Ciné-Horizon (épuisée mais trouvable)
1973 : The Fate of Lee Khan. K7 disponible chez Tai Seng (sous-titré anglais, NTSC, pan/scan)
1975 : The Valiant ones (diffusé à la TV sous le titre “Pirates et Guerriers”)
1979 : Legend of the mountain. DVD disponible, toutes zones, chinois sous-titré anglais.
1979 : Raining in the mountain. K7 éditée chez Films Sans Frontières (épuisée mais trouvable)
1981 : The juvenizer (une comédie), K7 disponible en anglais.
1982 : All the King’s men. K7 éditée chez Films Sans Frontières (épuisée mais trouvable)
1983 : The Wheel of life (1er épisode). Vu grâce au festival Asiexpo 2001
1990 : Swordsman (co-réalisateur avec Ching Siu Tung). DVD disponible, toutes zones, chinois sous-titré anglais.
1992 : The Painted skin (avec Joey Wang) K7 et DVD disponibles chez Tai Seng (sous-titré anglais)

Le cinéma de King Hu est un constant va-et-vient virevoltant d’intrigues à tiroirs, combats aériens, poursuites dans des paysages d’estampes… rythmé comme une pièce d’Opéra de Pékin (influence majeure de King Hu). Hu recourait peu à l’improvisation et “story-boardait” très précisément ses films. L’aspect visuel et le résultat final comptaient plus pour lui que le réalisme ou l’authenticité.

Les héros et héroïnes de King Hu ne sont pas invincibles, même s’ils ont un fort sens de l’honneur et une bonne pratique des arts martiaux. Ils ne sont pas infaillibles et l’aide d’un ermite, d’un saint homme… leur est précieuse !

La femme occupe presque toujours une place de choix : elle est traitée comme égale de l’homme et est rarement objet de désirs (à part dans “Legend of the mountain” et “Painted skin”, deux histoires de fantômes !).
Curieusement, dans la plupart des articles concernant King Hu, les films jugés “importants” (A Touch of zen, Raining in the mountain, Come drink with me et The fate of Lee Khan) ont toujours pour cadre une réalité “solide” même si un mysticisme quasi surnaturel pointe parfois son nez. Dès que le cinéaste aborde directement le fantastique, son œuvre semble dévalorisée aux yeux des critiques, ou appartenant à un sous-genre. On peut reconnaître que des deux films de fantômes de King Hu, seul “Legend of the mountain” semble digne de figurer aux côtés des chefs-d’œuvre du maître.
Tournés en même temps, d’une qualité visuelle identique, usant des mêmes “chassés-croisés” et utilisant parfois les mêmes décors et acteurs, les deux films sont inversement semblables : les fantômes de l’un sont une réplique des caractères humains (les bons, les méchants et les autres… soumis et pleutres), les moines de l’autre, que l’on pourrait imaginer proches d’une certaine perfection, possèdent en réalité les mêmes péchés que les citoyens ordinaires ! Mais l’erreur est humaine et la possibilité de changer offerte. Les voleurs se repentent, les fantômes aiment. Tous recherchent une libération spirituelle qui, finalement, est le thème central de l’œuvre du “King”.

Quelques mots sur “Swordsman”, … en fait, un pot-pourri d’influences multiples : même si King Hu est crédité à la réalisation, il aurait quitté le tournage pour raisons de santé ou à la suite d’un désaccord avec Tsui Hark, le producteur du film.
Seule la première demi-heure semble dûe au maître, le reste étant pris en main par Ching Siu-Tung (Histoires de fantômes chinois), sous la houlette de Tsui Hark.

King Hu n’est pas complètement mort puisqu’il serait question qu’un de ses projets inédits soit en passe d’être réalisé…par…John Woo avec Chow Yun-Fat et Nicolas Cage. Il s’agit de “Land of destiny” (titre provisoire], une histoire d’immigrants chinois venus construire les voies ferrées pendant la conquête de l’Ouest. Le script actuel semble donner plus d’importance au rôle tenu par Cage, l’histoire d’origine (I go, oh no, 1983) privilégiait les personnages chinois… Le tournage, prévu cet automne vient d’être reporté pour cause de modifications de scénario.

Par ailleurs, les fleurons de la mythique “Shaw Brothers” sont en cours de restauration pour une sortie DVD. Un des premiers de la liste est “Come drink with me” avec l’inoubliable Cheng Pei Pei (Tigre & Dragon). Sortie prévue début 2003 en Asie.

Pour en savoir plus :
www.ifrance.com/hkcinemagic/site/frealisa2/king_hu_bio.htm

Pays : Hong-Kong

Olivier Ferra