Jin-Roh de Hajime Mizoguchi

Au Japon, le film d’animation est passé depuis de nombreuses années à l’âge adulte (Le Tombeau des Lucioles, Princesse Mononoke, Akira, …) et l’on compte déjà un certain nombre de chefs d’oeuvre dont “Jin Roh, La Brigade des loups” sorti sur nos écrans fin 1999. Par son imagerie ambiguë et son contenu désespéré ce film est plutôt à déconseiller aux enfants (même si l’histoire relate une relecture du Petit Chaperon Rouge). En général, le traitement musical des films d’animation est très soigné et Jin-Roh ne fait pas exception. L’accent n’est pas mis sur les scènes d’action mais sur l’état intérieur des personnages. L’époque est aussi laissée de côté, aucune référence aux sixties, mais un score qui oscille entre un post modernisme (très beau générique avec orchestre, batterie, choeur et guitare flottante) dont les musiciens japonais détiennent la marque de fabrique et un habile mixage entre l’orchestre et les synthétiseurs. Mais ce qui fait à mes yeux (et surtout à mes oreilles) la différence avec “Jin-Roh” c’est l’emploi des instruments solos. Qu’il s’agisse de la guitare (acoustique et électrique), du piano ou de la harpe japonaise, la mélancolie dans ce qu’elle a de plus doux et enveloppant, vous étreint dans de nombreuses plages. L’ensemble repose sur une formation pour cordes magnifiquement orchestrée.

C’est simplement triste et beau à l’image du film et Mizoguchi dévoile une véritable sensibilité qui ne tombe jamais dans le sentimentalisme propre à beaucoup de bandes originales. Une musique qui entre dans l’histoire de la japanimation par la grande porte.

Éditeur : Import Ever Anime International

Pays : Divers

Pascal Surleau