Histoire de l’industrie cinématographique sud-coréenne

La structure de l’industrie cinématographique contemporaine

Au cours des années 90, la structure de l’industrie cinématographique a vécu de profonds bouleversements. Le pays connaît une forte industrialisation dans tous les domaines et particulièrement dans les domaines de l’électronique et de l’automobile. Les chaebols, groupes financiers qui détiennent des parts dans tous ces marchés porteurs, remarquent un nouvel essor du cinéma. Les géants Daewoo, Hyundai et Samsung décident d’investir dans ce secteur. Survient alors la crise de 1997.
Les conglomérats nationaux cèdent alors leur place à des sociétés. Seul Samsung, on le verra, conserve quelques intérêts dans le domaine. Trois sociétés se distinguent par leur importance. CJ Entertainment est la major dans l’industrie du cinéma en Corée en ce qui concerne la production, la distribution et le nombre de salles détenu. Elle est dirigée par un des membres de la famille Samsung (les chaebols étaient à leurs débuts de gigantesques structures familiales ; la famille fondatrice est restée ensuite le noyau dur du chaebol). C’est donc de façon indirecte et officieuse que Samsung garde certains intérêts dans le secteur. CJ a une stratégie d’ouverture sur l’Asie : elle reprend les succès japonais pour les reproduire à la manière coréenne ; elle tourne dans des paysages chinois, avec des acteurs chinois ; elle coproduit ses films avec des Japonais et espère bientôt en coproduire avec des Chinois. En 2003, elle a acquis sa rivale Cinema Service. Cinema Service, créée en 1994 par Kang Woo-suk. Réalisateur (Silmido, Another Public Enemy) et producteur, Kang Woo-suk est considéré comme l’homme le plus puissant de l’industrie du cinéma en Corée. Depuis son rachat par CJ, Cinema Service a vendu toutes ses salles pour tenter de racheter la totalité de ses parts. Sa politique commerciale diffère de celle de CJ. Cinema Service ne produit pas seulement des superproductions mais aussi des films indépendants. Elle a financé les derniers films d’Im Kwon-taek, Ivre de femmes et de peinture et La Pègre, ainsi que Green Fish de Lee Chang-dong. Depuis trois ans, la société de production Showbox s’est aussi convertie à la distribution. Dirigée par l’esthète spécialisé Art et Essai Jeong Tae-sung, elle détient déjà 12% des parts de marché dans la distribution et accumule les succès.

D’autres organismes ont pour fonction de garantir une certaine concurrence et de donner leur chance aux jeunes cinéastes. Le KOFIC (Korean Film Council) soutient les festivals et le secteur Art et Essai. Il mène aussi des études de simulation, par exemple dans le cas où les quotas seraient supprimés. Les résultats sont bien entendus défavorables à cette suppression. La Korean Film Archive, elle, est chargée de la gestion et de la conservation du patrimoine audiovisuel, et la Korean Culture & Art Fondation, de la culture. En 2004, elle se battait pour rétablir les taxes sur les tickets de cinéma, taxes qui financent les aides au cinéma.

Pays : Corée du Sud

Magali Payen