Fukushima, le couvercle du soleil de Futoshi Sato sort en salle aujourd’hui.

Le 11 mars 2011, le cabinet de crise du 1er ministre japonais Natao Kan doit faire face à un tsunami survenu au large des côtes est. Il endommage la centrale nucléaire de Fukushima ; ses générateurs sont noyés. Elle risque donc d’exploser. Malgré les tentatives de sauvetage, le premier réacteur puis le troisième explosent (1). Les gens sont alors évacués dans un rayon de 50 kilomètres. Mais si le quatrième devait exploser, il faudrait alors évacuer Tokyo et toute son agglomération ! Une apocalypse assurée !

Futoshi Sato prend le parti de reprendre la chronologie du désastre, très précisément, heure par heure. Mais, paradoxalement, les points de vue adoptés sont le plus souvent extérieurs. Le cabinet ministériel où les donneurs d’ordre ne savent pas quelle décision prendre. L’agence du nucléaire avec les discussions d’experts déconnectées de la réalité de la catastrophe : son chef est un économiste, non un ingénieur nucléaire ! La direction extérieure de la centrale qui cherche à cacher et même à étouffer l’ampleur de sa responsabilité. Et, in fine, un journaliste accrédité qui essaie, dans un premier temps, de récupérer des informations auprès du gouvernement pour écrire son article. Puis, face à la menace apocalyptique, il prend conscience de son humanité.

Le film oscille entre docu-fiction et thriller. Il rend bien compte de l’ampleur de la menace de la contamination sur des dizaines de millions de Japonais. Il ne parvient cependant pas à créer une tension à l’aune de cette menace. La multiplication des points de vue dilue le sujet et laisse le spectateur toujours extérieur car il n’a jamais le temps de s’y attacher. C’est dommage !

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

(1) Lire à ce sujet, notre chronique sur l’excellent livre Un récit de Fukushima, le directeur parle aux PUF.

Fukushima, le couvercle du soleil (1h30), Japon, Futoshi Sato avec Kitamura, Yoshihiko Hakamada.

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