FATIMA DEESSE DE LA VIE (IKIGAMI NO FATIMA) volumes 1 et 2 de Raika MIZUSHIMA

Dans un endroit désertique où l’eau est précieuse, la ville de Chaouen occupe un rang particulier. En effet elle abrite la déesse Leila Fatima, une créature mystérieuse ayant le pouvoir de localiser les sources sous le sable. En le monnayant, elle assure un bon niveau de vie à ses habitants. Pour le jeune Utarid, c’est un grand jour car il va prendre la place de son père comme intendant auprès de la déesse. C’est une tache très importante, transmise de père en fils uniquement, et pour lequel est a été entrainé depuis des années. Lors de cette 1ère rencontre, il découvre une jeune femme très belle, espiègle mais aussi muette et aux mains attachées. Alors que commence son nouveau travail, plusieurs incidents vont se produire, notamment l’intervention d’un inconnu roux : celui-ci veut enlever la déesse et cette dernière semble intéresser par lui.

Ce manga nous fait voyager car il nous entraine dans un monde très inspiré des contes des Milles et Unes Nuits. Architectures, personnages, coutumes, noms, quasiment tout semble venir d’une ville d’Arabie. De même le côté fantastique est là, incarné par les vaisseaux volants mais surtout par la déesse Fatima. Avec ses pouvoirs liées à l’eau, son corps qui se recouvre parfois d’écailles et le fait qu’elle ne consomme qu’un peu d’eau, elle tient clairement du surnaturel. L’histoire commence en suivant le parcours d’Utarid, qui découvre son travail et les secrets qui se rapportent à la déesse. Puis très vite on suit le point de vue de Fatima et de son ravisseur, puis celui-ci de pays voisins et de certains hommes de main. En fait le regard sur la situation change souvent, chaque protagoniste ayant sa propre vision des choses et surtout ses propres à faire, souvent cruciaux. Il n’y a ni bien ni mal, mais uniquement des besoins qui parfois nécessitent de faire souffrir d’autres personnes. L’histoire est relativement bien travaillée, sans être originale, et le rythme soutenu fait que l’on ne s’ennuie pas. Le problème est que cela va peut-être un peu trop vite. Très rapidement le scénario s’emballe, les personnages se multiplient sans que l’on ait l’impression que le fond, le décor, et même certains acteurs soient bien mis en valeur. Le 2ème tome pose heureusement plus de choses, approfondi certaines histoires et augmente la tension, mais globalement le dénouement semble un peu trop rapide. C’est un peu dommage (peut-être l’écueil de la 1ère œuvre) car l’ambiance et le contexte promettaient beaucoup, tandis que Fatima est assez fascinante par son design et son histoire. Cela reste une réflexion intéressante sur la rédemption et les choix que l’on doit faire, que ce soit pour soi ou pour les autres. Le fait que les 2 tomes sortent en même temps permet de se faire directement une idée de l’intérêt de ce manga, qui aurait été amoindri avec une édition séparée. A vous maintenant de voir si vous voulez vous laissez tenter par un voyage malgré tout assez dépaysant.

Éditeur : Komikku Editions

Pays : Japon

Fabrice Docher