En Chine, tous les enfants sont uniques !

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Tous les enfants sont uniques ! Les jeunes Chinois paient souvent très cher cette situation exceptionnelle.

Ils paraissent bien choyés et passent naturellement devant leurs parents, dans tous les lieux publics : transports en commun, restaurants, je ne m’étonne plus de voir des parents accablés de fatigue, bâillant de sommeil près de leurs enfants assis. Mais il m’arrive d’être concernée. Ca m’est arrivé il y a peu, j’étais assise dans le métro quand un vieux monsieur, chargé de paquets, est entré accompagné d’une ravissante jeune chinoise, coiffée de deux hautes nattes sur le sommet de la tête et de rubans rouges et habillée avec beaucoup de soins. J’ai proposé ma place au grand-père et, que croyez-vous qu’il arrivât ? c’est sa petite fille qui s’installa. La surprise m’étouffe, dans ma tête défilent des images de mes cours de fac où il est question de respect des ancêtres, de piété filiale, … j’enrage et le dis au vieux chinois.

– Pourquoi ? Me répond-il, vous ne voulez plus de votre place, elle a bien le droit de s’asseoir.
– Oui, je la voulais mais c’est à vous que je voulais la donner.

Il me montre une place qui vient de se libérer, je la refuse et lui dis de la prendre, il n’en veut pas non plus, il a toujours ses gros paquets au bout des bras. La discussion est confuse, elle tourne mal. Il dit que vraiment il ne PEUT pas me comprendre, je sais à ce moment-là que je ne VEUX pas le comprendre. Il y a un mur d’incompréhension entre nous. Heureusement, je dois descendre à l’arrêt suivant.


Sur le quai… je ne suis pas fière de moi, qu’est-ce qu’il m’a pris de me hérisser ainsi, j’ai laissé libre cours à la mauvaise humeur avec laquelle je me suis réveillée ce matin. Bien sûr, il y a des différences de culture, il semble vain de les confronter, il faut essayer de les respecter. Il m’est arrivé de faire mieux, toujours dans le métro, j’entrais un jour dans un wagon bondé et j’étais debout à côté d’un garçon d’à peu près cinq ans qui jouait à sauter sur son siège. Au bout de quelques minutes un homme s’est levé, le père, pour me laisser sa place. J’ai engagé la conversation sur tout autre sujet que l’éducation des enfants, pendant tout le trajet nous avons discuté aimablement. Au fond, je comprends ces parents d’un seul enfant, s’ils ne les choyaient pas les critiques seraient encore plus vives.

D’un autre côté, la société demande beaucoup aux petits Chinois. Ils vont à l’école cinq jours par semaine, parfois aussi le samedi matin, les cours durent de 8h ou 8h30 à 17h, le dimanche est souvent consacré à un autre apprentissage : musique, anglais. Le travail à la maison est important. Le soir après le repas, vers 19h (on mange tôt en Chine) je vois souvent les mamans s’enfermer dans la chambre de leur enfant pour deux ou trois heures de travail en commun. Et on ne leur fait pas de cadeaux, les jours de congé doivent être récupérés. Un exemple : Le 1er janvier était un lundi, c’est un jour férié comme partout. Les Chinois ont l’habitude de prendre des congés après les fêtes, alors leurs enfants sont partis dans leurs classes le lundi 25 décembre 2006 pour une semaine de sept jours jusqu’au dimanche 31 décembre compris, suivie des trois jours de congé des 1er, 2 et 3 janvier 2007. Quel rythme !

En ce qui me concerne, je ne sais pas comment j’aurais passé cette année à Pékin sans mes jeunes amis et amies qui sont aussi des enfants uniques.

Entendu à la télé : le 17 février dernier, jour du nouvel an chinois, un record a été battu : trois milliards de messages électroniques ont été envoyés à travers tout le pays, facturés 2 yuans (0,20 centimes d’euros).

Maguy Dumarski
(Beijing, mars 2007)

Pays : Chine

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