COURRIER DES MIRACLES (KUUSOU YUUBINKYOKU) volume 3 de Noboru ASAHI

Une nouvelle personne s’échoue au Bureau des Miracles : il s’agit de Kengo, un collégien tombé dans le coma après un bête accident en classe. Très désireux de pouvoir revenir rapidement à la vie, il est ultra motivé par le travail qu’il peut accomplir. Bien qu’assez dérangé par le dynamisme du nouveau, Makoto se retrouve à le superviser pour sa 1ère livraison, qui a pour destinataire un jeune garçon sur le toit d’une école. Intrigué, celui-ci accepte très vite et découvre dans son paquet une épée de lumière, qui disparait très vite. Extrêmement heureux, le collégien les remercie chaleureusement, les qualifiant d’anges. Mais alors qu’ils repartent, Kengo décide de continuer à le suivre car il croit qu’il n’est pas encore sorti d’affaire : il allait en effet se suicider et le voilà avec une épée. Makoto n’est pas d’accord mais Kengo part de son côté, disant à son ainé qu’il ne comprend rien. Pourquoi est-il si inquiet ?

Pour ce dernier volume, le Bureau des Miracles se voit à nouveau confronté à des demandes très particulières. Entre le collégien qui fait une mission avec eux et qui irrite pas mal Makoto, une femme qui emprunte le corps de Kaori pendant une journée et du « service après-vente »,  avec un enfant qui se plaint du miracle livré à son père, chaque travail est donc toujours autant différent. Cela va même plus loin car suite à au problème avec le garçon mécontent, Makoto devra réfléchir encore plus à ce qu’est un miracle. Quelle en est la véritable définition ? Arrivent-ils sans crier gare ou sont-ils liés à l’inconscient de leur destinataire ? Ceci n’est pas très clair mais comme le dit le supérieur de Makoto, un miracle est avant tout quelque chose d’inexplicable donc il est normal que l’on ne comprenne pas Même si certains sont vraiment opportunistes, une aide clairement surnaturelle, la plupart ne font que donner un coup de pouce, sont liés à la psychologie de leur receveur. Ce n’est souvent qu’un déclic pour les faire avancer dans la bonne direction à l’image de la chanteuse du volume 2 où le miracle ne sert qu’à la féliciter d’avoir fait le bon choix. Ensuite dans le cas de la femme amputée cela lui permet en empruntant le corps de Kaori de découvrir le plaisir de courir. Donc vraiment qu’est-ce qu’un miracle ? Qu’est-ce qui provoque sa venue ? La réponse n’est pas facile, s’il y en même une, mais l’important est de profiter de ce qu’il apporte même si parfois ce n’est pas grand-chose, un petit rien qui change tout. Cependant comme le dit Kaori, ne sont-ils eux ici au Bureau des Miracles que par égoïsme car ils ne veulent pas mourir ? Est-ce que cela ne serait pas pour eux une étape pour leur propre compréhension, pour qu’ils découvrent ce qu’ils veulent réellement ? Même s’il ne faut pas trop en révéler, Nous pouvons dire que tout est bien qui finit bien pour tous ceux que l’on a vu tout au long de ces 3 volumes ; un retour sur leur situation actuelle nous permet de voir qu’elle s’est largement améliorée, y compris pour les 2 employés du Bureau des Miracles, qui semblaient vraiment bloqués, notamment Kaori. Ce manga est donc rempli d’optimisme, nous force à l’espoir, à aller plus en avant, à chercher au-delà du miracle que l’on pourrait demander, que l’on ait la force en nous de les accomplir par nous-mêmes. Parfois il suffit juste d’un petit coup de pouce, juste provoquer par la chance, que l’on pourrait qualifier de miracle alors qu’il pourrait arriver juste par une suite logique de notre volonté et nos œuvres. C’est une histoire assez introspective, qui pousse à la réflexion avec humour et dont la lecture est très réconfortante. C’est un manga que je recommande à tous, car même s’il peut sembler un peu niais et surtout trop plein de bons sentiments, avec une fin (trop) heureuse, il possède des points importants qui poussent à la réflexion. Encore une fois une bonne pioche pour Kommiku.

Fabrice Docher

COURRIER DES MIRACLES (KUUSOU YUUBINKYOKU) volume 3 de Noboru ASAHI (2013)

Fantastique / tranches de vie / réflexion, Japon, Komikku éditions, décembre 2017, 224 pages, livre broché, 7.90 euros