Aruna Sairam, Padam Le Chant de Tanjore

Ce disque est une merveilleuse plongée dans l’origine du style carnatique, musique du sud de l’Inde. Le chant de Tanjore qui fut en son temps le modèle de l’esthétique carnatique, aussi bien en danse que musique, est aujourd’hui rarement présenté. C’est une découverte, et pour ceux qui apprécient le chant carnatique, un formidable pan d’histoire de cette musique qui resurgit. On se dit que tout vient de la Tanjore bhani, ce genre qui a su si bien faire école pour sa sensibilité et qui atteint l’universel.
Le chant de Tanjore est connu de tous les musiciens, mais plus ou peu pratiqué, pour cause d’évolution des publics et donc des musiciens. Mais n’est-ce pas la richesse d’un style, que de se modifier pour évoluer, en supplantant la forme originale ?
Quoiqu’il en soit, le chant carnatique reste à mes oreilles, l’un des plus beaux chants au monde.
Les Padam, ces poèmes dévotionnels qui font de la musique et donc du chant, un support pour la Bhakti (voie dévotionnelle hindouiste) nous prouve une fois de plus que la musique en Inde est une voie de réalisation. C’est la poésie de l’amour avec ses joies et ses difficultés.
D’un point de vue technique, les Padam sont l’écrin des Gamaka (ornementation de la note) qui n’ont pas qu’un but esthétique. C’est le sentiment qui est exprimé par le Gamaka dans la note qui est modulée, l’ornement donne vie et expression à la note.
Les Padam aux rythmes lents, donnent toutes leurs saveurs grâce à la voix de Aruna Sairam. Plus que ses compétences, c’est le coeur de l’interprète qui chante et nous expose une intensité de sentiments dans lesquels elle est absorbée.
Pour les connaisseurs et amateurs de chants carnatiques, “Padam, le chant de Tanjore” est splendide par sa simplicité stylistique. Prenez-le au début, et laissez-vous aller avec la voix, vous aussi, vous trouverez que cela finit trop tôt.

Éditeur : Ocora Radio France

Pays : Inde

Pascal Burianne