Anatomie de la beauté de Christine Sourgins paraît aux éditions Boleine.

La beauté ! Voilà un concept presque assimilé à un gros mot dans le domaine dit de l’art contemporain (1). Tel est le sujet de l’essai, Anatomie de la beauté de Christine Sourgins dans lequel, l’autrice réhabilite cette conception ouverte du monde. En effet, cette donnée que tout le monde connaît sans vraiment pouvoir la définir, l’art contemporain l’a totalement rejetée de son vocabulaire.

Toutefois, avant de définir la beauté, il nous faut appréhender ce qui ressemble à une hégémonie. Celle qu’impose, depuis les années 80, le ministère de la Culture, en France uniquement, similaire à feu l’Académie des Beaux-Arts du XIXe siècle.

Christine Sourgins entend ce processus dictatorial comme un «… art financier, qui ne parvient, mainstream, au global, que par des processus aveugles : mondialisation, financiarisation, matraquage médiatique… » On l’aura compris, l’art contemporain n’a que faire d’une telle vieillerie sentimentale. Pour lui, seule l’idée prime !

Ceci étant précisé, revenons à l’articulation du concept de beauté, selon l’autrice. Si de nombreux paramètres la sous-tendent, il nous faut retenir, avant tout, les plus essentiels.

Le beau va bien au-delà du simple décor. Il permet l’émergence du vrai, du bien comme du juste. Il est spirituel, nous confirme l’autrice, en accord avec le réel «… le beau s’éprouve plus qu’il ne se prouve. » Il est la source indispensable à la construction intérieure d’un être épanoui.

La transmission est aussi une des données fondamentales de la beauté. Elle relie les générations dans un continuum de sensations et d’idées communes, bien que se transformant à travers les âges.

Un essai puissamment documenté donc, qui fait appel aux plus grands penseurs tels que Lil Tao-Chen ou François Cheng pour la Chine et Kant ou Cézanne, notamment, en ce qui concerne l’Occident. Il redonne toute sa densité à la notion de beauté trop souvent galvaudée par notre époque techniciste.

Un regard exceptionnel de précision, mais néanmoins militant qui englobe un large panel de réflexions tant sensibles qu’intellectuelles afin de nous redonner confiance en la beauté. Ce qui garantira quiconque de subir le matraquage prémâché d’élucubrations prétentieuses pour béotien bobo en mal de placement financier de l’art contemporain.

On a hâte de lire la suite de cette lumineuse réflexion.

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

(1) lire notre chronique : https://asiexpo.fr/lart-cache-enfin-devoile-daude-de-kerros-parait-aux-editions-eyrolles/

Anatomie de la beauté de Christine Sourgins, 228 pages, 15 €, éd. Boleine.

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