Visitor Q de Takashi Miike

Brut de décoffrage :
Résumé : le père couche avec sa fille qui fait des passes depuis qu’elle a fugué ; la mère se réfugie dans la drogue ; le fils frappe sa mère pour évacuer la violence dont il est lui-même victime ; un inconnu fracasse sans raison la tête du père avant de s’installer au milieu de la famille. Ce “visiteur” va exacerber les pulsions de chacun : meurtre, nécro, scato, mammo. C’est au bout de la perdition que la famille se réunira … aux seins de la mère.

Takashi Miike ne nous épargne rien, d’autant que l’image numérique au format DV donne une sensation de réalité filmée au camescope. D’ailleurs, Miike en profite au passage pour critiquer la télé-réalité. Entendons-nous bien, les images ne sont pas insupportables : l’enchaînement ininterrompu de scènes violentes ou incongrues donne un aspect absurde au film qui permet le détachement nécessaire au visionnage du film.
Certains n’y ont vu qu’une volonté de provoquer et de choquer les esprits. Il n’est pas sérieux de penser cela d’un cinéaste à l’ incroyable capacité d’invention et réalisateur du fantastique “Audition”. Rappelons aussi que ce film est une commande tourné en cinq jours avec un budget minimum.
Bien sûr, on reprochera les angles de vue trop nombreux et le rôle du “Visitor Q” inexploité. On pourra également préférer, et j’en fais partie, le symbolisme à l’hyperréalisme, l’esthétisme au dépouillement extrême ou encore la finesse au matraquage, mais on ne doit occulter ni l’efficacité de Takashi Miike, ni sa créativité. Peut-être faut-il être japonais pour apprécier toute la portée de cette satire sur la perte des valeurs de la société nippone et notamment de sa jeunesse ?
Du Pasolini en surmultiplié. Pour amateurs de trash.

Éditeur : Pretty Pictures / Studio Canal

Pays : Japon

Jérôme Raidelet