Tom Yum Goong, l’honneur du dragon

DANS LES SALLES A PARTIR DU 8 FEVRIER 2006

Attendu au tournant, Tony JAA s’est laissé le temps de peaufiner les cascades de son second long métrage en tant qu’interprète principal. Le résultat est à la hauteur des espérances : si la classique intrigue ressemble à une vague resucée de son précédent film, les chorégraphies prouvent une nouvelle fois l’incroyable vitalité du jeune casse-cou.

Pour assumer sa parfaite maîtrise et prouver qu’aucun de ses mouvements n’est ni doublé, ni truqué d’une quelconque manière, les responsables de la réalisation multiplient les larges plans d’ensemble durant parfois plusieurs minutes ; l’apogée étant très certainement un plan-séquence de plus de cinq minutes suivant l’artiste martial dans sa montée de plusieurs étages dans un immeuble, terrassant ses ennemis au passage. Un incroyable tour de force technique, aussi bien pour les acteurs que pour les personnes derrière la caméra. JAA est incontestablement, sur le plan technique, le digne héritier des plus grands artistes martiaux.
Car force est de constater, qu’il ne réussit pas encore à imposer sa propre image. Refaisant le coup du naïf provincial montant à la ville pour se confronter aux vils trafiquants de service, il peine à se distinguer des nombreux justiciers prompts à jouer de leurs poings pour rétablir le bon ordre des choses. Sans autre but que de divertir, il n’aspire pas à la philosophie colportée par les métrages d’un Bruce LEE, ne joue pas le décalage entre action et humour à la Jackie CHAN et ne dispose pas de la présence féline d’un Jet LI. Pire : conscient de sa relative faiblesse charismatique, il s’efface devant les pitreries de son homme de main Petchtai WONGKAMLAO, évite tant bien que mal de prononcer la moindre ligne de dialogue et ne s’impose finalement que lors des (nombreux) combats. Le scénario ne lui donne d’ailleurs aucune chance d’affirmer une quelconque personnalité, mais l’oblige à s’exécuter en simple justicier enragé.
Là – et dans le risible traitement scénaristique osant ressusciter des stéréotypes surannés des années 80 – réside la seule faiblesse du film. JAA tâtonne encore à définitivement asseoir son statut d’icône du film d’action. Il peaufine ses cascades, explore les limites de son jeu d’acteur et cherche une reconnaissance mondiale.
En vue de ses autrement plus ambitieux projets à venir (l’épopée historique dédiée au célèbre roi thaïlandais Naresuan dans “Sword”; l’adaptation de l’épopée mythologique Rama dans “Hanuman”), nul doute que son heure de gloire ne soit encore à venir…
En attendant, frémissez devant ses réelles prouesses martiales dans cette “mise-en-bouche” que constitue “Tom Yum Goong”.

Pays : Thaïlande

Bastian Meiresonne