POLICE STORY / POLICE STORY 2 de Jackie Chan / Jackie Chan

Lorsque débarque en 1985 Police Story, Jackie Chan est déjà un acteur starifié mais aussi, et surtout, un réalisateur ayant fait ses preuves critiques et commerciales avec, entre autres, Le marin des mers de Chine. Fort de cette assise, il semble que le réalisateur, acteur, cascadeur, ait opté pour la surenchère extrême avec ce faux polar.
Suite à une arrestation musclée mais inefficace faute de preuve, l’assistante du boss de la triade est relâchée. C’est à Jackie, jeune policier intenable, qu’il est confié la mission de la protéger en attendant son témoignage. Elle réussira à s’échapper et le fiasco du procès contre le patron de la triade entraîne la rétrogradation de Jackie qui décide de poursuivre son enquête seul.
Ici pas d’appropriation du genre, la comédie alternera avec les séquences d’action, le tout agrémenté de quelques scènes de comique gestuel et de jusqu’au-boutisme caractériel.
C’est d’ailleurs dans ce mélange des genres que le film loupe un peu le coche et perd le spectateur dans une alternance de scènes dramatiques, comiques, romantiques dont le manque de finesse montre un passage obligé entre deux scènes d’action. Parce que voilà, la substantifique moelle du film, sa seule raison d’exister réside principalement dans ses scènes d’action absolument dantesques ! Ici, pas d’équivalent dans le monde du cinéma, Jackie Chan et son équipe de cascadeurs défient toute conscience physique, s’explosent tous les décors dans la tronche, préfèrent chuter de 20 mètres plutôt que de prendre les escaliers, défoncent les vitrines à coups d’arcades sourcilières…
Sa suite, Police Story 2, reprend les mêmes personnages et surtout le même cahier des charges : humour, baston et cascades improbables. Et pourtant, la sauce ne prend pas aussi bien, le film possède un gros problème de rythme qui risque de pousser les moins courageux d’entre vous à accélérer l’arrivée des scènes d’action.
Quoiqu’il en soit, ces deux films représentent à eux seuls ce que le cinéma d’action a pu donner de plus dingue en matière d’action et l’avènement de l’ère numérique a fini de les rendre totalement uniques car irréalisables maintenant. Michael Bay l’a bien montré dans son final de Bad Boys 2 en reprenant toute la scène d’introduction de Police Story étrangement dégraissée de toute sa spectaculaire et furieuse fraîcheur…

Éditeur : HK Video

Pays : Hong-Kong

Emilien Baud