Miroir, ô mon miroir : le renouveau du cinéma-vérité aux Philippines

L’industrie cinématographique philippine n’a cessé de décroître depuis son âge d’or dans les années 1970. La crise économique, une pauvreté accrue et l’invasion de productions américaines ont notamment contribué au fléchissement d’une production annuelle de 200 à une cinquantaine de films de nos jours.
Des cendres (re)naît aujourd’hui un courant nouveau. Des réalisateurs en herbe profitent des progrès de la vidéo numérique pour refléter leurs conditions précaires. Pas forcément une image qui plaît au public local – mais qui attire une attention mondiale.

Le cinéma-vérité saura-t-il relancer à lui seul la cinématographie philippine ? Non ; mais il contribuera à son renouveau. Si les supports numériques peuvent être diffusés dans la plupart des salles locales équipées (contrairement aux pays occidentaux, obligeant les éventuels acquéreurs étrangers à effectuer des transferts coûteux en 35 mm), rares sont les cinémas à donner de l’importance à ces productions indépendantes – et les majors veillent à préserver leur monopole. Le succès de Maximo reste relatif, la plupart des spectateurs préférant dépenser de l’argent pour se divertir, plutôt que de se re-plonger dans un triste quotidien.
Le grand mérite des productions indépendantes est d’innover et d’aborder des thèmes tabous, inspirant notamment les majors à puiser des idées pour leurs propres films. Elles attirent également une attention mondiale pour rappeler l’existence d’un cinéma philippin et poussent d’éventuels producteurs (nationaux et internationaux) à investir dans la cinématographie nationale. Une affaire à suivre…

Décembre 2007

Pays : Philippines

Bastian Meiresonne