Mao, une histoire chinoise

Documentaire en quatre parties diffusé les 5 et 6 septembre 2006 à 20h40 sur Arte. Réalisé par Adrian Maben, écrit par Philip Short. Produit par Arte France et On Line Productions. Sortie en DVD le 19 septembre 2006 “Mao et la Chine”.

L’Histoire nous demande de regarder tous les faits sans concession, y compris ceux qui vont à l’encontre de nos préjugés. Le documentaire “Mao, une histoire chinoise” suit ce principe. Trente ans après la mort du Grand Timonier, Arte diffuse ce film en quatre parties, basé sur la biographie de Philip Short “Mao, a life” sortie en 2000 (sous le titre “Mao Tsé Toung”, parue en France aux Editions Fayard en 2005).
Le travail de cet ancien correspondant de la BBC à Pékin (bien perçu en Chine si l’on en croit le nombre de copies clandestines estimé) a permis à Pierre-André Boutang, producteur français renommé, de lancer le projet de “Mao, une histoire chinoise” il y a maintenant cinq ans. Adrian Maben, réalisateur, entre autres, de trois films sur Pol Pot, a complété le trio et a essayé de traiter judicieusement des archives, des entretiens de témoins (dont la petite-fille de Mao) et de remettre les événements dans leur contexte.

La recherche documentaire et de témoins a été pilotée de près par les autorités chinoises à travers l’Institut d’histoire contemporaine de Chine. Les dirigeants du pays n’ayant pas établi une doctrine assez précise et claire au sujet de l’ère Mao, l’équipe de production française a eu à faire, selon ses dires, à un véritable “mystère”, se voyant refuser certains accès alors que d’autres lui ont permis de découvrir des aspects inconnus de la personnalité de Mao et des événements de l’époque.
A l’heure où sont saisies ces lignes, cette même équipe pilotée par Pierre-André Boutang, se rend en Chine auprès des autorités afin de savoir, peut-être, si le film aura l’autorisation d’être diffusé là-bas.

Certains mystères de Mao ne sont pas couverts dans ce documentaire, comme sa vie privée, son séjour en Russie, … mais, à ceux qui ne connaissent de Mao que les grandes étapes de sa vie politique et son incidence sur le monde entier, le film permet de comprendre en partie, grâce à une remise des événements dans le contexte historique du pays, pourquoi, malgré les morts et malgré la violence, les chinois ont pleuré sa mort.

Après avoir vu ces quatre films, on a le sentiment de se poser plus de questions sur Mao, que d’avoir obtenu des réponses. C’est souvent le propre du documentaire : stimuler notre curiosité et nous inviter à réfléchir.

juillet 2006

Pays : Chine

Qi Han & Gaëlle Thomas