Le chat du sanctuaire de Michiko Aoyama paraît chez Nami.

Le nouveau roman de Michiko Aoyama, Le chat du sanctuaire, met en scène 8 narrateurs différents qui se retrouvent au fameux sanctuaire du titre et y rencontre le chat éponyme. Le bien nommé Mikuji (1) apparaît aux êtres en quête de sens et leur délivre une prédiction écrite sur une feuille de houx, l’arbre de la transmission. L’heureux élu cherche alors le sens du mot sibyllin qui lui a été attribué, de fausses pistes en compréhension déroutante.

Ces narrateurs de tous âges et de toutes conditions se croisent alors dans ce lieu de recueillement à la recherche du sens caché de leur vie ou tout simplement d’une réponse. De la jeune coiffeuse au cœur brisé à la voyante surexposée sur les réseaux, en passant par la mère de famille qui a perdu ses ambitions et par le petit garçon harcelé à l‘école, la galerie de portrait est riche.

S’il ne guérit pas tous les maux, ce roman fait du bien. En mettant en scène des personnages qui doutent et se remettent en question, Michiko Aoyama fait de l’introspection le meilleur moyen de cheminer dans la vie. La simplicité, les questionnements des personnages narrateurs les rendent touchants et attachants. Chacun peut se retrouver dans leur cheminement et leur quête pour aller mieux.

Mais le plus intéressant reste sans doute les petites leçons de vie qui transparaissent à travers chaque expérience. Faire de son mieux, être sincère, empathique et dire les choses. Autant de stimuli qui nous rappellent que nous sommes tous connectés les uns aux autres et que les petits gestes du quotidien sont primordiaux.

Les éditions Nami font paraître dans le même temps La librairie de Kichijoji de Kei Aono. À la librairie Pegasus, deux conceptions du métier de libraire s’affrontent. D’une part celle de Riko Nishioka très traditionnelle. D’autre part, celle d’Aki Kitamura qui tend à tout révolutionner. Les deux employées s’affrontent jusqu’au jour où la direction menace de fermer leur chère activité. Trouveront-elles un terrain d’entente pour la sauver ?

Bien sûr, l’autrice nous révèle les coulisses mouvementées du monde du livre. En parallèle, grâce à une large gamme de personnages bien campés, elle approfondit les rapports humains. Comment vivre avec son temps et une société friande de mangas et de superficialité ?

Camille DOUZELET et Pierrick SAUZON

(1) un omikuji est une prédiction que l’on achète dans les temples bouddhiques et sanctuaires shinto.

Le chat du sanctuaire de Michiko Aoyama, 352 pages, 20 €, éd. Nami. En librairie le 1er octobre 2026.

La librairie de Kichijoji de Kei Aono, 352 pages, 20;90 €, éd. Nami. En librairie le 17 septembre 2026.

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